Les conséquences économiques potentielles du Brexit

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Brexit : la démondialisation est-elle en marche ?

La décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne peut être perçue comme un évènement politique, motivée par un désir d’inverser certains changements provoqués par la mondialisation. Cet article examine les effets économiques du Brexit.

Un Brexit pur et dur ?

Le gouvernement britannique souhaite un Brexit dur.

  • Le Royaume-Uni veut reprendre le contrôle de ses frontières et de ses lois.
  • Le Royaume-Uni veut retrouver la liberté de négocier ses propres accords de libre-échange.
  • Ces objectifs sont incompatibles avec le maintien du Royaume-Uni dans le marché unique ou dans le système du mur tarifaire commun.

Pourtant, le gouvernement britannique pense pouvoir négocier un accord sur mesure avec un accès le plus large possible au marché unique.

  • Le Royaume-Uni veut conclure un accord dans les deux ans du processus déclenché par l’article 50
  • Le Royaume-Uni vise une mise en oeuvre du nouvel accord en plusieurs phases.
  • Le Royaume-Uni est disposé à contribuer financièrement à l’Union européenne après le Brexit.

Est-ce réaliste ? Le risque est réel que le Royaume-Uni choisisse la voie d’un Brexit pur et dur, ce qui signifierait :

  • Pas d’accord de libre-échange.
  • Mise en place de droits de douane.
  • Le pire scénario sur le plan économique.

Pourquoi il pourrait être difficile d’obtenir un accord ?

Le timing

  • En théorie, l’activation de l’article 50 ouvre sur une période de deux ans après la notification de l’intention de départ donnée par le Royaume-Uni le 29/03/17.
  • Cependant, si on exclut la période précédant les élections allemandes et si letemps nécessaire pour entériner l’accord est accordé aux parlements nationaux, le délai est à peu près réduit de moitié.

Le séquencement

  • Les Européens veulent régler le sujet épineux de la facture de sortie du Royaume-Uni avant d’entamer les négociations sur un accord commercial.
  • Cette facture de 50 milliards d’euros pourrait compromettre les contributions financières en cours et réduire le temps alloué aux négociations commerciales.

Mesures incitatives

  • Les Européens ne peuvent pas se permettre d’offrir un accord trop généreux au Royaume-Uni.
  • Le gouvernement britannique ne peut se permettre aucun compromis sur certains sujets primordiaux, tels que l’immigration et la souveraineté nationale.

Méconnaître son adversaire

  • Le Royaume-Uni ne peut partir du principe que les intérêts économiques de partenaires commerciaux clés dicteront la décision de l’Union européenne.
  • Les Européens pourraient ne pas considérer comme crédible la menace britannique de réduire les impôts et de déréguler.

Événements

  • Le Royaume-Uni ne peut pas garantir que le Brexit sera le seul sujet à l’agenda de l’UE ces deux prochaines années.

Quelles seraient les conséquences économiques d’un Brexit dur ?

L’impact économique du Brexit se produira en deux étapes :

  • À court terme : l’incertitude accrue pèsera sur la consommation et les investissements.
  • À long terme : la démondialisation pèsera sur la productivité, la concurrence, le coût de la vie, les finances publiques, etc.

Les dégâts ont été limités pour l’instant

  • Mais nous ne sommes qu’à la première étape. L’impact de l’incertitude accrue pourrait bien avoir été reporté plutôt qu’évité. La deuxième étape sera bien plus importante, car il faudra payer ce coût pendant très longtemps.

Ajustements difficiles pour certains secteurs clés

  • Par exemple, les règles d’équivalence ne rassurent guère le secteur financier.

Les répercussions économiques à long terme resteront source d’inquiétude

  • Le recul de l’immigration, du commerce et des investissements directs étrangers affaibliront la productivité (et la prospérité).
  • Une plus grande déréglementation ne devrait pas sensiblement soulager une économie comme celle du Royaume-Uni.
  • Difficile de négocier de bons accords commerciaux avec d’autres pays et de rééquilibrer son économie afin de produire et d’exporter des produits et services différents

Conséquences politiques éventuelles

  • Une scission du Royaume-Uni n’est pas exclue.

Publié le 31 mars 2017

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