États-Unis : croissance économique au T4, meilleure que les estimations

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Les attentes des économistes pour la croissance du PIB des États-Unis au quatrième trimestre 2016 étaient modestes, à 2,2 % en rythme trimestriel annualisé, mais n’ont pas été atteintes. Selon la première estimation, publiée le 27 janvier 2017, la croissance de l’économie américaine a ralenti, passant de 3,5 % au troisième trimestre à 1,9 % au dernier trimestre.

La contribution la plus négative est venue des exportations nettes

En rythme trimestriel annualisé, les exportations ont chuté de 4,3 %, alors que les importations ont bondi de 8,3 %. Cependant, il convient de garder à l’esprit que le marché du soja avait connu une situation particulière au troisième trimestre 2016 : sur la période, les exportations de ce produit s’étaient envolées à la suite d’un épisode de sécheresse en Amérique latine qui avait accru la demande à destination des États-Unis ; le recul des exportations au quatrième trimestre a donc constitué une correction partielle de cette hausse exceptionnelle de la demande. Dans l’ensemble, les exportations nettes ont amputé la croissance de 1,7 point de pourcentage. La formation de stocks a contribué à la croissance pour le deuxième trimestre consécutif et a été plus solide que sur les six trimestres précédents. Selon nous, le mouvement d’ajustement des stocks, qui a pesé sur les ventes des entreprises et la production industrielle, a touché à sa fin. Le cas échéant, il s’agit d’un facteur positif pour la croissance américaine en 2017.

Abstraction faite des chiffres volatils du commerce extérieur et des stocks, la demande intérieure finale, qui recouvre la consommation des ménages et des administrations publiques, les investissements des entreprises et l’investissement résidentiel, a enregistré une légère accélération à 2,5 % en rythme trimestriel annualisé. La croissance de la consommation a quelque peu ralenti. Comme nous l’avons récemment indiqué, nous n’anticipons pas que le fort optimisme des ménages conduira à une hausse marquée des dépenses effectives.

Graphique 1 : évolution du produit intérieur brut (PIB) trimestriel des États-Unis et des contributions (en point de pourcentage) des principales composantes du PIB de 2008 au 30/01/17

Source : Datastream, BNP Paribas Investment Partners, situation au 30/01/17

La croissance de l’emploi s’est légèrement tassée et, en dépit d’une accélération de la hausse du salaire nominal, la progression du salaire réel a pâti de la remontée de l’inflation.

Graphique 2 : emploi américain et salaires horaires (% en glissement annuel). La croissance de l’emploi s’est légèrement tassée et, en dépit d’une accélération de la hausse du salaire nominal, la progression du salaire réel a pâti de la remontée de l’inflation  entre 2000 et le 30/01/17 

Source : Datastream, BNP Paribas Investment Partners, situation au 30/01/17

Les investissements des entreprises et l’investissement résidentiel ont davantage contribué au PIB que lors des trimestres précédents. Les investissements des entreprises sont en général relativement volatils, mais leur tendance semble s’améliorer. Les investissements en équipements ont progressé pour la première fois depuis cinq trimestres. La faiblesse des investissements des entreprises en 2016, année marquée par le premier repli des dépenses en capital depuis 2009, n’a pas incombé au seul secteur de l’énergie. Elle a été plus généralisée et a également tenu à la baisse des bénéfices et au cycle de forte correction des stocks. Comme nous l’avons déjà indiqué, le frein exercé par ces derniers facteurs semble se relâcher.

Les commandes de biens durables ont fléchi en décembre, en raison d’un nouveau recul marqué des commandes d’avions, mais les commandes de biens d’équipement ont augmenté. Les commandes et les livraisons de biens d’équipement ont en fait atteint un point d’inflexion l’été dernier. La confiance des producteurs s’est également améliorée. En janvier, les indices des directeurs d’achats (PMI) des secteurs de l’activité manufacturière et des services ont poursuivi leur progression. L’indice composite a atteint son niveau le plus élevé depuis octobre 2015.

Graphique 3 : les commandes et les livraisons de biens d’équipement américains (à l’exclusion de secteurs de la défense et de l’aviation, en milliards d’USD), ayant touché un point bas à l’été 2016 ont augmenté au quatrième trimestre de 2016

Source : Datastream, BNP Paribas Investment Partners, situation au 30/01/17

Dans l’ensemble, nous restons optimistes à l’égard de l’économie américaine

Elle devrait continuer à croître à un rythme conforme voire légèrement supérieur à sa tendance de long terme. Cela étant, trois facteurs nous incitent à ne pas faire preuve d’un optimisme excessif. Premièrement, la remontée de l’inflation érodera le pouvoir d’achat des ménages. Deuxièmement, la fermeté du dollar pèsera sur les exportations. Troisièmement, la hausse des taux obligataires est synonyme de durcissement des conditions financières aux États-Unis.

Joost van Leenders

Chief economist, Multi Asset Solutions, CFA charterholder

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