États-Unis : le rapport sur l’emploi indique des pressions dues à la hausse des salaires

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Le premier rapport de l’année sur le marché du travail américain (publié le 06/01/2017) a montré une décélération de la croissance de l’emploi tant dans l’enquête menée auprès des entreprises que dans celle réalisée auprès des ménages en décembre. Des révisions à la hausse des chiffres des deux mois précédents ont compensé des créations de postes moins importantes que prévu en décembre. Le taux de chômage a grimpé à 4,7 %, car un plus grand nombre de personnes ont commencé à rechercher un emploi, entraînant une légère hausse du taux de participation au marché du travail. Si l’on considère une définition plus large du chômage, incluant le personnel temporaire et les travailleurs découragés (personnes qui ne sont pas à la recherche active d’un travail, mais qui indiquent qu’elles sont disponibles pour un emploi), le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau depuis la récession de 2008/2009.

Le taux de chômage aux États-Unis est encore un peu élevé comparé aux niveaux d’avant la récession, ce qui semble indiquer qu’il existe encore des capacités inutilisées sur le marché de l’emploi. Néanmoins, l’économie américaine s’approche du plein emploi. Si ce développement est à l’origine du ralentissement des créations de postes, nous devrions également observer une accélération de la croissance de la productivité. Cette orientation vers le plein emploi s’est également reflétée dans le taux de croissance du salaire horaire moyen, qui a grimpé à 2,9 % en glissement annuel.

Graphique 1 : Evolution du niveau de participation au marché du travail américain pour la période de décembre 2000 à décembre 2016 (le taux de participation étant calculé en divisant le nombre de travailleurs immatriculés par la population active – c’est à dire les membres de la population des Etats Unis âgés de 16 ans et plus)

BLOOMBERG participation rate

Source : Bloomberg, situation au 11/01/17

Cela étant, nous avons du mal à identifier les facteurs qui pourraient accélerer la croissance aux États-Unis. La confiance s’est certes améliorée, mais le cycle de l’économie américaine est déjà bien avancé. Le marché du logement semble avoir atteint à un pic alors que les ventes automobiles ont enregistré une forte progression pour atteindre un record en décembre (hors mesures incitatives à l’achat par le passé) de nouveaux taux de forte croissance depuis ces niveaux paraissent moins probables, notamment en raison de la hausse des impayés sur les crédits automobile.

Graphique 2 : Evolution du taux de chômage aux Etats Unis et du salaire horaire nominal pour la période de 1990 à décembre 2016US labour market

Source : Bloomberg, BNPP IP situation au 06/01/17

La croissance du revenu disponible des ménages a quelque peu diminué en termes réels, notamment en raison de la remontée de l’inflation. Nous ne pensons pas que l’inflation constitue un problème dans l’immédiat car la hausse des prix n’est pas généralisée (seules quelques catégories de produits sont concernées). Nous partageons l’avis de la Réserve fédérale (Fed) selon lequel deux à trois relèvements des taux devraient suffire cette année.

Joost van Leenders

Portfolio Manager, Multi Asset Solutions, CFA charterholder

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