Incident de parcours sur le marché de l’emploi aux États-Unis

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Depuis 18 mois, le marché de l’emploi dans les segments plus axés sur l’économie intérieure, tels que les services et la construction, semblait au beau fixe malgré la récession des secteurs de l’énergie et de la manufacture. Cette impression semble tout à coup fragile.

Depuis trois mois, les créations d’emplois n’ont cessé de baisser dans les secteurs de l’économie intérieure, d’un sommet récent de 252 000 en février, elles sont tombées à tout juste 93 000 unités en mai (après ajustement des chiffres de mai à la suite de la grève des travailleurs de Verizon). Cette tendance s’observe dans plusieurs secteurs de services, tels que les services professionnels et commerciaux, les activités financières, les loisirs et l’hôtellerie. La croissance des emplois dans le commerce de détail s’est améliorée en mai par rapport à avril, mais demeure faible par rapport à il y a quelques mois. À noter que le graphique ci-dessous tient compte de la grève de Verizon.

Graphique 1 : Croissance des emplois par secteur (moyenne mobile sur trois mois)

jobs growth by sector

Il ressort du graphique pluriannuel ci-dessus en moyenne mobile sur trois mois que la croissance des emplois de l’économie intérieure reste en ligne avec celle de ces dernières années. À noter qu’au cours de cette période, le nombre de créations d’emplois dans le secteur des services s’est révélé très volatil en rythme mensuel. En outre, les difficultés du marché de l’emploi dans les secteurs minier, pétrolier et manufacturier demeurent problématiques, et elles se sont même aggravées dernièrement. Cet affaiblissement risque malheureusement de se répercuter sur les secteurs des services. En conséquence, ces derniers pourraient ne plus être en mesure de compenser suffisamment le recul des créations d’emplois dans les secteurs axés sur la demande extérieure. Le volet emploi de l’enquête ISM du secteur non manufacturier indique aussi un ralentissement persistant des créations d’emplois dans le secteur des services ces derniers mois.

En février, j’avais reporté à septembre mon anticipation d’un durcissement des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les derniers communiqués de la Fed et la faible probabilité d’une hausse des taux en été suggérée par le FOMC m’ont certes récemment fait douter. Ce n’est plus le cas actuellement, car les données d’aujourd’hui me confortent dans mon anticipation de hausse pour septembre, même si juillet reste une possibilité. Dans l’ensemble, je reste convaincu qu’une réelle approche de la gestion du risque plaide en faveur d’un report de la hausse des taux. Compte tenu de la faiblesse de la croissance mondiale, de l’essoufflement du marché de l’emploi, de l’écart notable entre l’inflation des dépenses de consommation personnelles (PCE) et l’objectif de 2 %, et des faibles prévisions d’inflation, un relèvement imminent des taux serait un choix politique fondé sur des prévisions très incertaines, par opposition à une décision dictée par la nécessité., ce qui serait notamment le cas si l’économie ralentissait soudain dans un contexte de taux quasi au plancher.

Steven Friedman

Senior Investment Strategist

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