Les indices PMI de mars envoient des signaux mitigés

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Les premiers indices PMI du mois de mars brossent un tableau mitigé. Les indices PMI américains des secteurs de la manufacture et des services ont chuté respectivement à un plus bas sur cinq mois et à un plus bas sur six mois. L’indice PMI composite a par conséquent aussi trébuché.

Graphique 1 : l’évolution des indices composites des directeurs d’achat aux États-Unis et en zone euro pour la période allant de 2010 au 23 mars 2017 

indices PMI

Source : Markit, BNP Paribas Investment Partners, le 27 mars 2017

Néanmoins, les indices PMI des États-Unis se maintiennent largement au-dessus de 50, qui sépare la croissance de la contraction. Il est plus déstabilisant de constater que les indicateurs de confiance se sont globalement nettement améliorés après les élections présidentielles américaines, alors que les indicateurs réels sont restés à la traîne. Comme nous l’avons dit précédemment, il se peut que les indicateurs aient raison, mais nous doutons d’une nette accélération de la croissance économique américaine. Le cycle économique a atteint une certaine maturité, la relance budgétaire n’est pas garantie et la Réserve fédérale est en train de relever les taux d’intérêt. Par conséquent, les récentes baisses des indices PMI pourraient suggérer une période de recul des indicateurs avancés à un niveau plus réaliste.

Les indices PMI de la zone euro ont défié les attentes d’une légère baisse en se propulsant à un sommet inégalé depuis 2011, au moment où la zone euro a commencé à sortir de la crise financière. En France et en Allemagne, les deux seuls pays dont les PMI ont jusqu’à présent été publiés, les secteurs de la manufacture et des services se sont améliorés. À l’instar des États-Unis, les indices PMI de la zone euro pourraient pécher par excès d’optimisme, mais l’amélioration est au moins possible. Le PIB vient à peine de dépasser son sommet de 2008 avec un écart de production positif. L’investissement des entreprises est faible au regard du PIB et le chômage demeure élevé. Nous sommes plus optimistes sur les perspectives de croissance de la zone euro que sur celles des États-Unis. L’indice allemand Ifo a donné raison à notre enthousiasme en se hissant durant le mois de mars à un plus haut depuis juillet 2001.

Le Japon n’a publié jusqu’à présent que sont indice PMI pour le secteur manufacturier. Celui-ci a fléchi, mais reste supérieur aux niveaux enregistrés ces 12 derniers mois. L’économie japonaise a récemment profité d’une forte demande extérieure, qui contraste avec la morosité de l’économie intérieure.

Les indicateurs réels également mitigés

Du côté des indicateurs réels, le marché américain du logement a affiché une bonne tenue dernièrement : les constructeurs résidentiels ont repris confiance en mars et la hausse du prix des logements neufs et existants s’est accélérée. Les ventes de logements neufs ont été nombreuses en janvier et février, tandis que celles des logements existants ont peiné à se hisser. Le marché du logement devrait profiter de la robustesse du marché de l’emploi et de la demande différée, tandis que l’évolution de la météo et la perspective d’une hausse des taux hypothécaires pourraient soutenir la demande à court terme. Les chiffres relatifs aux investissements sont apparus moins bons. Les commandes de biens durables ont bondi en janvier et février, mais les volumes stagnent depuis quatre ans. Les commandes de biens d’équipement (hors défense et aéronautique), qui sont les plus représentatives des investissements des entreprises, ont inversé une tendance baissière pluriannuelle au second semestre 2016, mais elles font à présent du surplace depuis deux mois. Les investissements des entreprises seront les premiers à subir une correction si des doutes émergent à propos de la relance et de la réforme budgétaire.

Après une légère phase de dépression en février, les consommateurs de la zone euro ont repris confiance en mars. La baisse progressive du chômage et la stabilité de la croissance devraient entretenir cette confiance et soutenir les dépenses. La hausse de l’inflation et la baisse des revenus réels disponibles sont un risque, mais nous pensons qu’une évolution positive des investissements des entreprises devrait permettre à la croissance économique de la zone euro de maintenir fermement le cap. Toutefois, tous les indicateurs de la zone euro ne sont pas aussi flatteurs. La croissance de la masse monétaire M3 a reculé pour le deuxième mois consécutif en février. Le volume de prêts bancaires peine à décoller, même juste à 1 % en glissement annuel. Les prêts hypothécaires sont la seule catégorie à enregistrer une amélioration dernièrement. Le crédit à la consommation a ralenti et la croissance des prêts aux entreprises non financières est à peine positive.

Graphique 2 : les prêts bancaires restent faibles dans la zone euro –  peinant à atteindre une croissance de 1 % en glissement annuel –  le graphique montre l’évolution du crédit bancaire pour la période allant de 2005 au 27 mars 2017 

indices PMI

Source : Bloomberg, BNP paribas Investment Partners, le 27 mars 2017

Au Japon, les demandes intérieure et extérieure évoluent de façon diamétralement opposée. Les volumes d’exportations ont été solides durant le premier trimestre, après un quatrième trimestre déjà satisfaisant. Alors que les exportations progressent beaucoup plus vite que les importations, l’économie devrait enregistrer un nouvel élan des chiffres du commerce extérieur au premier trimestre. Cependant, les dépenses de consommation sont faibles pour l’instant et le revenu nominal n’augmente guère, tandis que la récente hausse de l’inflation apparente entame le pouvoir d’achat des consommateurs. De plus, la vigueur du yen japonais à l’issue d’un dégagement massif dans les actifs risqués devrait rogner les exportations.


Publié le 1 avril 2017

Joost van Leenders

Chief economist, Multi Asset Solutions, CFA charterholder

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