Pour la BCE, ce sera « tapering », pause puis remontée des taux

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Il y a eu une certaine confusion sur les marchés financiers quant à l’ordre dans lequel devrait se dérouler la stratégie de sortie du programme d’achats d’actifs et, à terme, de la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne (BCE) : l’institut d’émission optera-t-il pour une réduction progressive de ses achats d’actifs (« tapering ») au titre de son programme d’assouplissement quantitatif avant de relever les taux ou remontera-t-il les taux avant d’amorcer le processus d’abandon de ses achats d’actifs ?

Certains éléments pourraient justifier une action prochaine de la BCE…

L’économie de la zone euro est assez solide à présent pour justifier une action de la banque centrale : le taux de chômage a reculé et la croissance des ventes au détail a dépassé les attentes à 1,8 % sur un an en volume. Cependant, l’inflation sous-jacente a abaissé pour s’établir à 0,6 %. La BCE a par conséquent encore du travail à accomplir pour accroître l’inflation. La hausse des salaires, également considérée par la banque centrale comme une condition préalable à une action, ne s’est guère matérialisée jusqu’ici.

…mais pas de signes convaincants pour le moment

Lors de la réunion de mars du conseil des gouverneurs de la BCE, il n’a pas été débattu de l’intérêt que pourrait présenter une stratégie alternative à la sortie de l’assouplissement quantitatif, telle qu’un relèvement précoce du taux de dépôt (actuellement négatif). Cependant, à l’occasion d’une récente conférence en présence des observateurs de la BCE, le président de la banque centrale, Mario Draghi, et l’économiste en chef, Peter Praet, ont adressé deux messages importants. Premièrement, ils ont insisté sur l’importance du maintien de la politique monétaire accommodante du fait de l’absence de signes convaincants d’une remontée de l’inflation sous-jacente. Deuxièmement, ils ont indiqué que le conseil des gouverneurs de la BCE était résolu à mettre en œuvre le moment venu une stratégie consistant en un « tapering », suivi d’une pause, puis d’une remontée des taux.

Élection présidentielle en France : nouveau rebondissement, nouvelle source de nervosité pour les marchés

Sur le front politique en Europe, le dernier rebondissement de la campagne présidentielle en France est venu de la progression du candidat du parti d’extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, au détriment du candidat du parti socialiste, Benoît Hamon. En effet, les derniers sondages indiquent que Jean-Luc Mélenchon pourrait avoir relégué à la quatrième place le candidat de la droite et du centre, François Fillon.

Cette ascension de Jean-Luc Mélenchon nous rappelle que l’euroscepticisme est plus répandu dans une grande partie de l’Europe qu’on ne le croit en général, et qu’un duel entre Jean-Luc Mélenchon et la candidate du Front national, Marine Le Pen, au second tour ne manquerait pas de donner des palpitations aux marchés financiers. Cependant, les sondages continuent d’anticiper que le candidat centriste, Emmanuel Macron, sera présent au second tour et remportera l’élection présidentielle de manière décisive. Il pourrait bénéficier d’un vote tactique du centre si Jean-Luc Mélenchon commençait à représenter une sérieuse menace.

Les dernières évolutions des sondages relatifs à l’élection présidentielle en France ont provoqué un élargissement des spreads des obligations françaises, italiennes et espagnoles, mais nous pensons que ce mouvement est temporaire.


Publié le 10 avril 2017

Joost van Leenders

Portfolio Manager, Multi Asset Solutions, CFA charterholder

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