Le dollar US : probablement la devise la plus fragile en 2016

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  • L’actualité macroéconomique a été dense la semaine dernière.
  • Les indices sont clairs : la BoJ et la BCE sont moins préoccupées par la faiblesse de leur monnaie et sont davantage ouvertes au scénario d’une appréciation monétaire.
  • Au début de l’année, la Réserve fédérale américaine (Fed) annonçait quatre hausses de taux en 2016. Neuf mois plus tard, on assistera à un seul relèvement de taux dans le meilleur des cas cette année.

La Banque du Japon a déçu à plusieurs égards mais s’est montrée créative à d’autres

Elle a laissé le taux de dépôt à -0,1 % et le volume annuel d’achat d’obligations d’État japonaises à 80 000 milliards de yens. En outre, elle a abandonné les achats d’obligations à 7-12 ans en moyenne au profit d’un objectif de rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans (JGB) aux environs du niveau actuel de 0 %.

Après la réunion de la BoJ et de la Banque centrale européenne (BCE) plus tôt ce mois-ci, la question que tout le monde se pose est de savoir si ces deux institutions vont opérer un changement de régime. Il ne faut pas s’attendre à un revirement aussi important que l’annonce du tapering de la Fed, car la motivation relèverait davantage de considérations opérationnelles et de contraintes politiques que de la réalisation d’objectifs macroéconomiques. Plus qu’une succession de réunions de politique monétaire, une série de petits pas en 2017 pourrait orienter les esprits vers la résolution du problème des marchés obligataires surévalués. Et, en corollaire, entraîner des ajustements de position (la duration reste longue), des rendements plus élevés, des rapatriements de capitaux et un affermissement de la monnaie.

Les indices sont clairs : la BoJ et la BCE sont moins préoccupées par la faiblesse de leur monnaie et sont davantage ouvertes au scénario d’une appréciation monétaire

Dévaluer sa monnaie n’a aucun impact si tout le monde le fait. Même la Banque nationale suisse a été contrainte d’accepter un franc suisse plus cher et d’abandonner le plancher de 1,2 face à l’euro. Ce changement de régime ne se voit peut-être pas aussi clairement dans la réalité que les signaux envoyés par la Fed en 2013, mais des preuves suffisantes laissent penser qu’il y a un changement. Nous continuons de tabler sur un yen et un euro plus forts l’année prochaine.

Donc, si la BCE et la BoJ ne déprécient pas leur monnaie respective, la Fed va-t-elle soutenir le dollar US à la hausse ? Ce scénario nous semble très peu probable. Selon certains acteurs de marché, la Fed adopte un « statu quo au parfum de durcissement ». En effet, la déclaration souffle le chaud et le froid : le statu quo est privilégié « pour l’instant » et les risques semblent « sous contrôle ». Jugeant que « les arguments pour procéder à une hausse des taux des fonds fédéraux se sont renforcés », la Fed explique que « il est plus prudent » d’attendre encore un peu. Trois personnes ont exprimé leur opposition à la politique actuelle. Point important : aucun de ces trois présidents régionaux ne siège au conseil.

Au début de l’année, la Fed annonçait quatre hausses de taux en 2016. Neuf mois plus tard, on assistera à un seul relèvement de taux dans le meilleur des cas cette année. La théorie de la divergence de politique monétaire devient moins évidente. Bien que probable, une hausse des taux en décembre n’est pas certaine. En effet, les élections américaines pourraient attiser la volatilité de marché. En outre, si le rapport sur l’emploi déçoit en octobre ou en novembre, on pourrait se diriger vers un nouveau « statu quo au parfum de durcissement » en décembre.

Le billet vert restera probablement la devise la plus fragile en 2016 (voir graphique n°1). La seule monnaie qui pourrait lui ravir ce titre est la livre sterling qui s’est affaiblie depuis le vote du Brexit au référendum britannique.

Graphique 1 : performance des devises par rapport au dollar US (31/12/2015 – 26/09/2016)

 

Le dollar USSource : Bloomberg, données au 26 septembre 2016

Achevé de rédiger le 26 septembre 2016, par Momtchil Pojarliev, Gérant de portefeuille senior, devises

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