Les divergences de politique monétaire et fiscale devraient profiter au dollar américain

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Trois hausses de taux sont désormais prévues par la Réserve fédérale par l’année 2017

Les cambistes ont apprécié les deux derniers mois de l’année. Début 2016, les positions acheteuses sur le dollar américain (USD) faisaient l’unanimité alors que la Réserve fédérale (Fed) était censée procéder à quatre hausses de taux en 2016. Ce consensus s’est avéré particulièrement douloureux pendant les dix premiers mois de l’année, la paire USD/JPY perdant 20%, de 120 à 100, et l’EUR/USD se maintenant dans une fourchette étroite, alors que la Fed n’a relevé qu’une fois ses taux, le 14 décembre.

Les élections américaines ont rompu le sort qui pesait sur la paire USD/JPY, laquelle a bondi de 17 % dans les deux semaines qui ont suivi le résultat de l’élection, sa plus forte hausse depuis août 1995, dans un contexte de remontée des rendements américains. La première semaine de 2017 ressemble dans une certaine mesure à la première semaine de 2016. Il est maintenant prévu que la Fed relève trois fois ses taux cette année et les positions acheteuses sur le dollar font de nouveau l’unanimité. Un article du New York Times laisse entendre que le dollar pourrait bondir de 20 à 25 %  à la faveur d’une possible réduction  d’impôts sur les sociétés.

L’élection de Donald Trump devrait stimuler la croissance réelle

Nous pensons qu’en 2017, la divergence de politique monétaire et budgétaire pourrait bénéficier au dollar. Depuis le début de la reprise post-Lehman en 2009, la croissance réelle des États-Unis s’est élevée en moyenne à 2 % par an. Avec la récente élection de Donald Trump, elle pourrait passer à une moyenne d’environ 2,5 % à moyen terme grâce à une importante relance budgétaire (réductions d’impôts pour les particuliers et les entreprises en grande partie non financées et programme significatif de dépenses d’infrastructure).

Dans le même temps, les autres grandes économies resteront probablement enlisées dans unce croissance et une inflation faibles, auxquelles viennent s’ajouter des problèmatiques politiques en Europe (Brexit, immigration et élections en Italie, en France et en Allemagne), des difficultés persistantes du programme Abenomics et la désinflation au Japon, ou encore une croissance ralentie en Chine et dans la plupart des pays émergents, bien que la croissance semble se redresser dans la plupart des régions du monde. Mais après les évolutions rapides observées ces dernières semaines, il nous semble raisonnable de ne pas tabler sur des gains supplémentaires en l’absence de toute correction significative. Tel l’équipage du « Rogue One » dans la saga Star Wars, qui réussit à lui seul à déjouer les plans de l’Empire, certaines devises pourraient regagner du terrain par rapport à l’USD – nous ne serions pas surpris que l’EUR ou le JPY s’apprécient de 2 à 3 % d’ici l’investiture du nouveau président américain.

Figure 1 : évolution du taux de change entre le dollar US et le yen japonais du 8 octobre 2016 au 9 janvier 2017 (la courbe représente le nombre de yens japonais par dollar US).

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Source : Bloomberg, FFTW situation au 06/01/17

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