Point sur le marché US et sur l’actualité économique

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  • Semaine riche en statistiques avec les comptes-rendus des réunions de plusieurs banques centrales, de même que la publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis.
  • En début de semaine, plusieurs banques centrales, dont la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon et la Réserve fédérale américaine, ont annoncé qu’elles ne changeraient pas leur politique de taux.
  • Bien que quelque peu décevants, les chiffres de l’emploi ont continué à bien progresser.
  • Dans l’ensemble, l’actualité économique et de marché suggère une amélioration lente, mais constante.

En début de semaine, plusieurs banques centrales, dont la Banque d’Angleterre (BOE), la Banque du Japon (BoJ) et la Réserve fédérale américaine (Fed), ont annoncé qu’elles ne changeraient pas leur politique de taux. Plus particulièrement, les membres de la Fed ont laissé les taux inchangés, renforçant ainsi les anticipations d’une hausse en décembre. Dans le discours qui a suivi la réunion du 3 novembre, le Comité fédéral de l’Open Market (FOMC) a indiqué que « les arguments en faveur d’un relèvement des taux des Fed funds avaient continué de se renforcer, mais qu’il préférait pour l’instant attendre de nouvelles preuves ». Concernant l’objectif d’inflation, la Fed souligne que le taux d’inflation a « légèrement augmenté », de même que les mesures de compensation de l’inflation.

Les marchés ne tablaient pas sur un relèvement des taux en novembre, à la veille des élections américaines

Par conséquent, les marchés des contrats à terme sur les Fed funds sont restés stables après cette annonce, anticipant une probabilité de 78 % en faveur d’un tour de vis en décembre. En combinant les déclarations des réunions de septembre et novembre, au cours desquelles la Fed a réaffirmé son optimisme envers l’évolution du marché de l’emploi, de l’économie et de l’inflation, la plupart des acteurs de marché en ont conclu que la Fed n’avait plus beaucoup de raisons de ne pas durcir le ton en décembre.

Comme pour confirmer l’enthousiasme de la Fed à propos du marché du travail, le rapport publié vendredi montre une progression saine des créations d’emplois, malgré un léger ralentissement. Ainsi le nombre d’emplois dans le secteur non agricole a augmenté de 161 000 unités en octobre, contre les 173 000 attendues. Par ailleurs, les chiffres des mois précédents ont été revus à la hausse à hauteur de 44 000 nouveaux postes. Sur l’ensemble de l’année, l’économie a ainsi gagné chaque mois environ 181 000 nouveaux emplois.

En outre, le taux de chômage a reculé sous la barre des 5 % à 4,875 % (chiffre non arrondi)

Les salaires horaires moyens dans le secteur privé, un des points les plus positifs du rapport, ont surpris les marchés par une hausse de 0,4 % sur le mois, ce qui porte l’augmentation à 2,8 % en glissement annuel. Cette augmentation annuelle est la plus rapide observée ces sept dernières années et constitue un signal solide pour l’économie, car elle prouve que la croissance économique absorbe le sous-emploi et que les employeurs se concurrencent davantage pour engager et retenir leurs employés.

Enfin, une autre incertitude a été levée lorsque l’entrée en vigueur de la réforme du marché monétaire par la Commission américaine de contrôle des opérations boursières (SEC) a fortement secoué le segment court de la courbe mi-octobre. Plus de 1 000 milliards de dollars de rachats des fonds monétaires de type « prime » ont été transférés vers des fonds monétaires du gouvernement américain (MMF) pour éviter la nouvelle valeur liquidative (VL), la VL variable, les frais de liquidité et les « barrières » de rachat (redemption gates) imposés aux fonds institutionnels de type « prime ».

Le taux interbancaire londonien (LIBOR) s’est tendu sur l’ensemble de la courbe après que les émetteurs ont augmenté leurs taux pour attirer des investisseurs non MMF. Cependant, depuis son entrée en vigueur, les effets de la réforme s’atténuent et la situation se normalise, les marchés se concentrant désormais sur la Fed, l’économie et les élections américaines.

Dans l’ensemble, l’actualité économique et de marché suggère une amélioration lente, mais constante, soutenue par une politique de taux progressive de la Fed et un positionnement attentiste de plusieurs banques centrales.

Graphique 1 : les rendements du LIBOR (en %) annusalisés ont augmenté sur la periode d’octobre 2015 à novembre 2016

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Source : Bloomberg au 7 novembre 2016

Rena Walsh

Head of Money Markets at FFTW

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