Quatre faits sur les actions asiatiques qui échappent au radar des investisseurs

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Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il est déconseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

Les investisseurs reprennent confiance depuis quelques semaines dans les marchés émergents, notamment en Asie où l’indice MSCI AC Asia ex-Japan a bondi de 15% environ après avoir atteint un creux à la mi-janvier (performance au 31 mars). La remontée surprise des prix des matières premières sur la scène internationale explique ce sursaut récent des marchés émergents tributaires de leurs ressources naturelles et souvent délaissés par les investisseurs. Le redressement des actions asiatiques quant à lui résulte davantage de la disparition de quelques freins de marché.

Par exemple, rares sont les économistes à tabler sur un relèvement important des taux d’intérêts aux États-Unis en 2016. Dans la même veine, le spectre d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise s’éloigne : le marché immobilier en Chine affiche clairement des signes de stabilisation (pour rappel, ce facteur constituait l’élément clé invoqué par les pessimistes pour exprimer leur crainte d’un atterrissage brutal il y a quelques années). Par ailleurs, la stabilisation du renminbi (RMB) a apaisé les inquiétudes de certains investisseurs qui prévoyaient une dévaluation concurrentielle du renminbi dans la région.

Certains investisseurs pourraient oublier que l’Asie offre un couple risque/rendement plus intéressant dans la classe d’actifs des actions émergentes. En effet, les économies asiatiques sont logées à meilleure enseigne que d’autres nations émergentes en termes de croissance, de prévisions d’inflation, de santé budgétaire et de contexte politique. Attendu que la Chine a réduit ses investissements en immobilisations ces cinq dernières années et que la demande mondiale devrait rester modérée, les perspectives de croissance des économies émergentes tributaires des matières premières resteront sous pression. Il est fort peu probable que le récent rebond des matières premières ait suffisamment d’essence dans le moteur pour tenir dans la durée, étant donné les fondamentaux offre-demande à moyen terme.

Il convient de souligner que malgré les craintes liées au ralentissement de la croissance en Chine et en Asie, le taux de croissance du PIB de la région restera largement supérieur à celui d’autres économies dans le monde. En effet, nombre d’entreprises asiatiques disposent de beaucoup de liquidités à leur bilan. Certes, nous reconnaissons que certains secteurs affichent des endettements élevés – mais cette base n’est pas généralisée. En Chine par exemple, les entreprises fortement endettées sont concentrées dans les secteurs des services aux collectivités, l’immobilier, les biens d’équipement et les ressources. Même ces secteurs recèlent encore d’opportunités intéressantes.

Quatre faits surprenants sur les actions asiatiques qui échappent au radar des investisseurs :

1. Les valorisations des actions asiatiques sont très proches de ratios cours/valeur comptable inédits depuis la crise financière mondiale de 2008. Cela signifie clairement que les cours ont déjà intégré beaucoup de mauvaises nouvelles. De tels niveaux ouvrent la porte à un potentiel haussier surprenant si la reprise de l’économie chinoise s’accélère et/ou si le taux de croissance des économies américaine ou européenne dépasse les attentes. Voir graphique 1 ci-dessous.

Graphique 1 : Le niveau du ratio cours-valeur de l’indice MSCI AC Asia ex-Japan est maintenant proche du niveau inégalé depuis la crise financière mondiale de 2008.

MSCI AC Asia ex japan index

2. Les fonds d’actions asiatiques de la région offrent une vaste diversification. La corrélation entre les différents marchés asiatiques est étonnamment faible ces dernières années. Comme l’illustre le graphique 2, les marchés d’Asie du Nord sont généralement peu corrélés avec ceux de l’Asie du Sud.

Graphique 2 : Graphique illustrant le degré de corrélation, sur une période de trois ans, entre la performance des indices actions MSCI de divers pays  asiatiques (le graphique montre, par exemple, que la corrélation entre les actions d’Hong Kong (HK) et celles de la Chine (CN) est plutôt élevée à 0,81 %, alors que la corrélation entre les actions indonésiennes et les actions japonaises est basse à 0,21 %.)


3y correlation between MSCI country index

(CN= Chine, HK= Hong Kong, TW= Taiwan, IN= Inde, KR = Corée du Sud, JP= Japon, AU= Australie, SG= Singapour, MY= Malaisie, ID= Indonésie, TH= Thaïlande, PH= Philippines)

3. Les corrélation entre titres dans la région d’Asie-Pacifique est encore plus faible en Asie par rapport aux grands marchés développés. Cela signifie que l’Asie offre plus de sources d’alpha aux gestionnaires actifs.

4. Les rendements des dividendes des actions asiatiques (3%) dépassent la majorité des rendements des obligations d’État (des grands pays) dans le monde. Dans un monde où environ un tiers des rendements obligataires sont négatifs et plus de la moitié sont inférieurs à 1 %, le rendement de 3 % proposé par les actions asiatiques s’apparente à la cerise sur le gâteau !

 

 

Hue Lu

Senior Investment Specialist, Asia Pacific and Greater China equities

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