Quel est votre degré de sérénité dans le contexte actuel de volatilité ?

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Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il est déconseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il n’est pas conseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

 

Dans la plupart des phases de correction, les intervenants du marché ne peuvent généralement se concentrer que sur quelques thèmes à la fois, ce qui peut favoriser un comportement moutonnier et provoquer des fluctuations de volatilité sur les marchés. Le mois de janvier n’a pas fait exception à la règle (cf. graphique 1 ci-après). La rapidité et la force du repli enregistré, tel que mesuré par l’indice Russell 3000, ne s’est observée que lors de trois mouvements de dégagements massifs au cours des huit dernières années, dont les catalyseurs étaient tangibles et identifiables. Quand les émotions prennent le dessus, le doute tétanise les acteurs du marché jusqu’à ce qu’il disparaisse.

 

Graphique 1 : graphique montrant l’évolution du pourcentage des stocks dans l’ indice Russell 3000 avec un score du ‘Relative Strength Index ( RSI )‘ sur 14 jours mesurant moins de 30 (une telle mesure  est généralement interprétée comme un signe que les stocks sont survendus ) pour la période allant de janvier 2008 au 23 janvier 2016.

 

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Source : Bloomberg, Factset au 22/01/2016

Graphique 2 : graphique montrant l’évolution du pourcentage de stocks de l’indice Russell 3000 dont le prix est inférieur à la bande basse de Bollinger (la bande de Bollinger est une mesure indiquant si les stocks sont survendus ou surachetés ; selon les adeptes de la théorie, ce graphique suggérerait qu’un nombre important de stocks sont survendus), pour la période allant de janvier 2008 au 23 janvier 2016.

 

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Source: Bloomberg, Factset au 22/01/2016

Cette fois, le principal élément déclencheur des ventes massives a été la volatilité du cours du pétrole, alimentée par les inquiétudes à l’égard de l’offre excédentaire, alors que le prix du baril frôlait les 30 dollars. La dynamique et la conviction des vendeurs à découvert ont gagné en intensité et fait chuter le prix du pétrole à un plus-bas de 27 dollars. Quand les corrélations entre classes d’actifs se sont approchées d’un plus-haut inédit, tout le monde a commencé à se proclamer analyste autodidacte du marché de l’énergie. Métaphoriquement parlant, les marchés atteignent un sommet quand le dernier acheteur a procédé à ses achats et ils touchent un point bas quand le dernier vendeur réalise ses cessions. Le graphique 2 ci-après montre la force et l’intensité des positions courtes sur le pétrole, qui, en date de jeudi, ont également fourni une première indication de l’approche d’un point bas local, les positions courtes nettes, telles que définies par les ETF sur le pétrole, commençant à diminuer.

Graphique 3 : les positions courtes nettes des Exchange-Traded Fund (ETF) sur le pétrole ont bondi de 300 %

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Source : Bloomberg, Factset au 22/01/2016

L’évolution du cours des actions mondiales, pendant la semaine qui s’est terminée le 22/01/2016, a fait les gros titres mais elle n’a été qu’un prolongement de leur trajectoire baissière (cf. graphique 4 ci-après). L’indice MSCI All-Country World a cédé 19 % depuis son plus-haut sur 52 semaines atteint en mai dernier, ce qui pourrait laisser penser qu’il s’agit d’une correction de marché baissier ou que nous nous en approchons. Le ralentissement de la demande mondiale, l’offre excédentaire de matières premières et la fin de la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale américaine (Fed) font partie des facteurs mentionnés pour expliquer ce repli. Quoi qu’il en soit, une correction boursière est un processus et non pas un point à un instant donné. En tant que professionnels des marchés, nous affectons systématiquement des valeurs intrinsèques à nos investissements. Quand la valeur intrinsèque d’un actif est supérieure (inférieure) au cours de ce dernier, il convient de l’acheter (le vendre). La volatilité des marchés et les variations des cours durant les deux dernières semaines, voire des dix-huit derniers mois, ont fait partie du processus d’identification de la nouvelle valeur intrinsèque des classes d’actifs, compte tenu de l’évolution de l’environnement économique et monétaire et des changements structurels survenus sur le marché.

Graphique 4 : les actions mondiales ont chuté de plus de 19 % depuis leur plus-haut

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Source : Bloomberg, Factset au 22/01/2016

En novembre dernier, nous avions mentionné la faiblesse inquiétante des ventes de détail aux États-Unis et la baisse des estimations bénéficiaires à douze mois qui s’étendait à de nombreux secteurs. Nous avions souligné l’importance des prévisions de résultats à douze mois pour le premier trimestre 2016 et au-delà. Le 22 janvier, Factset a publié une mise à jour de ces anticipations pour le premier trimestre 2016, par rapport à celles émises il y a tout juste trois semaines. Le graphique 5 ci-après montre que seuls les secteurs des télécommunications et de la santé bénéficient d’estimations de bénéfices supérieures à celles formulées en début d’année. Au cours des prochaines semaines, nous serons particulièrement attentifs aux prévisions communiquées par les équipes dirigeantes des sociétés en vue de valoriser la croissance future.

Graphique 5 : prévisions de croissance des bénéfices des sociétés de l’indice S&P 500 au T1 2016

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Source : Bloomberg, Factset au 22/01/2016

Enfin, jeudi dernier, la Banque centrale européenne (BCE) a laissé son taux de refinancement inchangé, conformément aux attentes du marché. Cependant, durant la conférence de presse, Mario Draghi a pu légèrement surprendre en déclarant que la BCE se tenait prête à agir si les données économiques n’étaient pas conformes à ses objectifs. La probabilité d’une nouvelle baisse du taux de dépôt serait plus manifeste qu’un renforcement du programme d’achats d’actifs. Après tout, certains « faucons » semblaient même à l’aise avec l’idée d’une baisse supérieure à 10 points de base en décembre. Mario Draghi a maintenu catégoriquement que la décision de décembre n’avait pas été une erreur. Depuis lors, la situation a cependant changé selon lui : les perspectives sont très différentes. S’agissant de la réalisation du mandat de la BCE, il a terminé la conférence sur ces mots : « nous n’abandonnons pas ».

Dan Singleman

Senior Portfolio Manager, Sector Rotation, FFTW

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