Réunion du FOMC de décembre : transposer la « confiance raisonnable » en acte de politique monétaire

Post with image

Peu d’informations nouvelles ont filtré sur les perspectives d’inflation dans le compte rendu de la réunion du Comité fédéral de l’open market (FOMC) de décembre. À première vue, le Comité semble avoir moins de certitude que ce qu’on pensait précédemment quant aux perspectives d’inflation. Après tout, certains passages du rapport épinglent la grande incertitude autour des prévisions d’inflation et les risques baissiers relatifs aux prix des matières premières, au dollar et aux forces désinflationnistes mondiales. Pourtant, le niveau d’incertitude général quant aux perspectives inflationnistes n’est certainement pas plus élevé qu’en octobre. En fin de compte, la décision de procéder à une remontée des taux officiels et le compte rendu laissent entendre que la grande majorité des participants a une « confiance raisonnable » dans la probabilité que le taux d’inflation atteigne 2 % sur le moyen terme. Par ailleurs, dans un contexte de décision importante à prendre sur le début ou non de la normalisation de la politique monétaire, on pouvait logiquement s’attendre à un débat animé sur les risques liés aux perspectives inflationnistes. Le contraire aurait été étonnant. Finalement, le graphique à points tel qu’il ressort des prévisions économiques de décembre montre que deux membres encore auraient préféré reporter le relèvement de taux à 2016. Le compte rendu pourrait simplement révéler la raison de la préférence des membres plus conciliants et de ceux qui jugent la hausse de taux en décembre appropriée, même si la décision allait être difficile.

Au contraire, les principaux enseignements du compte rendu portent sur les conditions des prochaines hausses de taux. Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, la présidente de la Fed Janet Yellen a laissé entendre que le Comité aimerait voir sa confiance dans les perspectives inflationnistes confirmée par les chiffres. À ce moment-là, j’avais interprété ce propos de la manière suivante : si la « confiance raisonnable » dans les perspectives inflationnistes paraissait un critère adéquat pour procéder à la première étape de la normalisation, les avancées sur le terrain économique vers l’objectif d’inflation à 2 % constitueraient une condition aussi, voire plus importante pour les hausses de taux à venir. Le procès-verbal de la réunion va dans le sens de cette interprétation et semble conditionner les prochaines décisions sur les taux à une remontée effective de l’inflation. Ceci ressort de manière plus prononcée dans le rapport que dans les commentaires de Janet Yellen lors de sa conférence de presse :

« Dans la situation actuelle, en raison des craintes profondes alimentées par des chiffres de l’inflation toujours faible, de l’incertitude et des risques entourant les perspectives inflationnistes, [les membres] ont convenu d’indiquer que le Comité suivrait attentivement les avancées réelles et attendues vers l’objectif d’inflation. Au moment de fixer l’ampleur et le calendrier des prochains ajustements monétaires, certains membres ont rappelé l’importance d’attendre une confirmation de la remontée de l’inflation comme prévu et de préserver la crédibilité de l’objectif d’inflation du Comité. » [Traduction libre]

À court terme, si les effets de base liés aux précédentes fluctuations du dollar et des prix de l’énergie venaient à se traduire par un raffermissement de l’inflation, cela ouvrirait les portes à une hausse des taux en mars. Tel est mon scénario de base. Cependant, il se peut que la récente appréciation du dollar et la baisse des prix du pétrole compensent les effets d’une année à l’autre et fournissent au Comité une bonne raison pour reporter la décision au-delà du mois de mars.

Steven Friedman

Senior Investment Strategist

Leave a reply

Your email adress will not be published. Required fields are marked*