Zone euro : des données économiques un peu plus faibles, mais une inflation en hausse

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 Les solides données économiques de la zone euro dans son ensemble et de certains de ses États membres se sont légèrement affaiblies récemment. Les ventes au détail dans la région, qui avaient enregistré une forte hausse en octobre, ont fléchi en novembre. Néanmoins, à 2,3 % en glissement annuel en termes réels, la croissance de la consommation paraît toujours solide. En décembre, la confiance des ménages a atteint son plus haut niveau depuis 2007. Le taux de chômage a stagné à 9,8 % en novembre. En Allemagne, les commandes aux usines ont reculé en novembre après s’être envolées en octobre. La production industrielle a cependant connu une accélération en glissement annuel et les exportations ont fortement augmenté. En France, les dépenses de consommation en novembre ont dépassé les attentes. En dépit d’une trajectoire irrégulière, la tendance de la consommation est positive depuis près de deux ans.

Une inflation en hausse

Le taux d’inflation annuel de la zone euro a grimpé, passant de 0,6 % en novembre à 1,1 % en décembre, soit la plus forte hausse mensuelle depuis novembre 2009. À l’époque, l’augmentation était principalement liée aux prix de l’énergie. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l’énergie et des denrées alimentaires et apporte ainsi un meilleur éclairage sur les tendances de fond, a légèrement augmenté, passant de 0,8 % en novembre à 0,9 % en décembre. Ces chiffres ne devraient pas préoccuper la Banque centrale européenne (BCE) selon nous, mais ils vont alimenter le débat sur la question d’une réduction progressive (« tapering ») de ses achats d’actifs. Le président de la banque centrale néerlandaise a récemment plaidé en faveur d’un « tapering » rapide, mais au terme du programme actuel qui s’étend jusqu’à la fin de l’année. En Allemagne, où le taux d’inflation annuel est passé de 1,0 % à 1,7 %, les appels à une réduction des achats d’actifs pourraient devenir plus prégnants.

Graphique 1 : ICPH en zone euroeurozone-hicp

Source : Datastream, BNPP IP

La BCE se montrera bien plus prudente cette fois

En gardant à l’esprit l’erreur que la BCE avait commise en 2011 en relevant ses taux à deux reprises pour ensuite effacer ces hausses en neuf mois, les conditions d’un nouvel impair semblent réunies. Toutefois, nous pensons que la BCE se montrera bien plus prudente cette fois. Les responsables de la Banque devraient avoir tiré les leçons des erreurs passées et son président actuel, Mario Draghi, est moins « faucon » que son prédécesseur. Pour rappel, c’est après la prise de fonctions de Mario Draghi à la tête de la BCE que les deux hausses de taux de 2011 avaient été annulées. Dans ce contexte, pour cette année, nous pensons que le programme d’achats d’actifs ne sera pas modifié. Cependant, comme nous l’avons indiqué dans nos perspectives pour 20171, l’orientation de la politique monétaire évolue peu à peu, passant de mesures de soutien toujours plus nombreuses à une politique monétaire stable ou progressivement moins expansionniste. Dans un scénario positif, l’économie de la zone euro devrait être assez robuste d’ici à la fin de l’année pour que la BCE réduise ses achats d’actifs. Dans le cas contraire, la BCE sera confrontée à un obstacle car les limites auxquelles se heurte l’assouplissement quantitatif, notamment la disponibilité d’obligations éligibles à ses achats, pourraient devenir très problématiques d’ici là.

Joost van Leenders

Chief economist, Multi Asset Solutions, CFA charterholder

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