Investissement ESG : des portefeuilles à l’épreuve du temps

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Dans ce dernier volet de la synthèse des perspectives d’investissement pour 2017 de BNP Paribas Investment Partners, intitulée « Au-delà de l’assouplissement quantitatif », Jacky Prudhomme, Responsable de l’intégration ESG, et Gaëtan Obert, Responsable des thématiques durables actions et coordinateur ESG, estiment que les critères ESG doivent faire partie intégrante de la conception et de la mise en œuvre de portefeuilles solides, résistant à l’épreuve du temps, que l’horizon d’investissement soit à moyen ou à long terme.

Comprendre l’investissement ESG

L’approche d’investissement ESG se fonde sur l’analyse des pratiques ESG et des points d’achoppement, et sur l’intégration des résultats dans un éventail plus large de critères. Cette approche fournit donc aux investisseurs un plus grand nombre d’outils pour évaluer le niveau de risque auquel ils souhaitent s’exposer. Une connaissance approfondie des aspects ESG d’une entreprise peut améliorer la compréhension de ses forces et de ses faiblesses.

L’approche ESG vise également à protéger les investisseurs du risque de réputation et du risque opérationnel. En appliquant des exigences minimales en matière ESG, on s’assure en premier lieu que l’on n’est pas exposé à des entreprises susceptibles d’être mêlées à des problèmes majeurs d’ordre ESG, par exemple des violations des droits de l’Homme ou des dommages environnementaux importants. Outre leur impact sur la réputation, de tels problèmes peuvent gravement affecter la performance financière.

L’approche ESG peut s’insérer dans la panoplie d’outils utilisés par les investisseurs, pour contribuer à améliorer la prévision des risques ainsi que la qualité des émetteurs des titres qui constituent l’univers éligible à l’investissement. La recherche portant sur les enjeux associés aux critères ESG peut être source de valeur ajoutée pour les investisseurs, en particulier ceux qui poursuivent des objectifs à plus long terme, en atténuant les risques et en concentrant l’attention sur des entreprises de meilleure qualité et plus robustes. La prise en compte de critères ESG peut libérer un potentiel d’appréciation et élargir le champ des investissements. À titre d’exemple, inclure des technologies respectueuses des facteurs ESG, telles que les énergies renouvelables ou l’efficacité énergétique, peut s’avérer source de potentiel significatif et devrait être un sujet d’intérêt majeur pour les investisseurs.

Dans un environnement de faible croissance et de rendements bas, faut-il reléguer les principes ESG au second plan ?

Depuis la crise de 2008, il est apparu que les pratiques axées sur des facteurs ESG peuvent contribuer à réduire le risque. Désormais conscients de l’intérêt d’intégrer une dimension ESG, les investisseurs se sont familiarisés avec cette thématique. Pour de nombreux gestionnaires de fonds, la prise en considération d’aspects ESG et l’intégration de certains critères ESG dans leurs modèles d’investissement font désormais partie de leur stratégie d’investissement.

Nous pensons que l’intégration des aspects ESG se poursuivra en 2017, tant au niveau des investisseurs — y compris les gestionnaires d’investissements et d’autres détenteurs d’actifs — qu’au niveau des émetteurs. Les entreprises plus tournées vers l’avenir et les autres émetteurs de titres auront à cœur d’afficher des valeurs basées sur ces critères. L’approche ESG est de plus en plus incontournable pour de nombreuses d’entreprises.

L’avenir des critères ESG

La responsabilité accrue reflète les défis auxquels sont confrontées de nombreuses sociétés modernes : changement climatique, rareté des ressources, malnutrition et obésité, accès à des médicaments (abordables), tensions sociales. Au niveau régional, l’Europe s’est déjà dotée de nombreuses réglementations strictes en matière de protection de l’environnement et de normes sociales. En conséquence, l’investisseur souhaitant intégrer un risque ESG limité dans son portefeuille est susceptible de privilégier des entreprises européennes plutôt qu’asiatiques ou nord-américaines.

Cette situation pourrait toutefois évoluer à moyen terme. La Chine a modifié sa position en matière de protection de l’environnement et s’emploie à résoudre les problèmes de santé liés à la pollution de l’air et de l’eau. En revanche, de nombreux pays en développement sont encore à la traîne, non seulement dans la résolution des problèmes environnementaux mais également en matière de pratiques de travail et de droits de l’Homme.

Au niveau de la classe d’actifs, il devient de plus en plus important d’avoir une idée claire des chaînes de valeur des entreprises dans lesquelles nous investissons et d’évaluer les normes sociales appliquées par leurs sous-traitants directs ou indirects. L’analyse ESG s’étend à la sphère de responsabilité de l’entreprise et à sa capacité à imposer ses meilleures pratiques à ses partenaires. Les pressions à cet égard émanent tant des investisseurs qui engagent le dialogue avec les sociétés et réclament une communication plus détaillée, que des autorités de tutelle, qui exigent que les entreprises enquêtent sur leurs chaînes de valeur et leur risque social.

La pression en faveur d’améliorations dans ces domaines devrait se maintenir. L’activisme des parties prenantes, pour promouvoir la gouvernance d’entreprise, la déontologie, les pratiques professionnelles, et dénoncer les pratiques anticoncurrentielles, la corruption et l’évasion fiscale, va certainement se poursuivre.

Pour les investisseurs qui souhaitent donner la priorité à la rentabilité des investissements et à la gestion des risques, les facteurs ESG jouent un rôle très intéressant dans l’optique de construire un portefeuille à l’épreuve du temps.

Pour obtenir votre exemplaire des Perspectives d’investissement pour 2017 « Au-delà de l’assouplissement quantitatif », veuillez cliquer ici ou contacter le service Publications.

Cet article a éte rédigé par Gaetan Obert et Jacky Prudhomme.

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