Comment expliquer le rebond des actions cette année

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Pour bien se positionner aujourd’hui sur les actions, il est important de comprendre les raisons qui expliquent le  rendement des marchés actions depuis le début de l’année.

Une des théories avancées est la reprise cyclique de la croissance mondiale — réelle ou perçue comme telle par les investisseurs (le rebond des prix des matières premières illustre cette tendance). Si cette théorie se vérifie, cela signifie que ce sont les valeurs cycliques qui ont généré les plus-values. Le risque de marché serait alors  de voir cette confiance dans la dynamique de reprise déçue, déclenchant une correction des marchés à grande échelle. D’autres avancent une explication différente.

C’est la chasse au rendement des investisseurs qui dicte l’évolution des marchés. Dans ce cas de figure, le risque serait de voir les banques centrales se retirer des marchés. Si elles ne le font pas, la quête de rendement se poursuivra et les alternatives aux obligations — c.-à-d. les actions à faible volatilité ou à haut dividende — continueront de surperformer.

En réalité, les deux analyses sont justes, mais diffèrent par leur timing. La théorie cyclique a prévalu depuis le creux de février et après la correction des marchés qui a suivi la victoire du Brexit au référendum britannique (voir graphique 9). Cependant, la quête de revenu a prédominé depuis le début de l’année et devrait se poursuivre, du moins jusqu’au prochain choc de marché.

Si on compare les rendements depuis le 11 février 2016 et depuis le début de l’année par zone géographique, secteur, style d’investissement, taille et facteur, on observe peu d’écarts de performance entre les deux périodes par région, volume ou style d’investissement (graphiques 1-8). À l’exception du creux de février et de la période post-Brexit, les secteurs cycliques ont surperformé les valeurs défensives, et les facteurs taille réduite et valeur ont devancé le rendement du dividende, la qualité et la faible volatilité. L’inverse est vrai depuis le début de l’année.

Le graphique 9 illustre la rotation qui s’est opérée en février et en juillet. La surperformance des valeurs cycliques a diminué au cours de la troisième semaine du mois d’août et on pourrait s’attendre à ce que les actions défensives/à faible volatilité prennent le dessus dorénavant.

Graphique 1 : performances de l’indice MSCI All Country World Index (ACWI) ventilées par région entre le creux du 11 février et le 23 août 2016Graph 1 DM rally

Graphique 2 : performances de l’indice MSCI All Country World Index (ACWI) ventilées par secteur et style d’investissement entre le creux du 11 février et le 23 août 2016

graph 2 DM rally

Graphique 3 : performances de l’indice MSCI All Country World Index (ACWI) ventilées par style/taille entre le creux du 11 février et le 23 août 2016

graph 3 DM rally

Graphique 4 : performances de l’indice MSCI All Country World Index (ACWI) ventilées par facteur d’investissement entre le creux du 11 février et le 23 août 2016

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Graphique 5 : performances de l’indice MSCI All Country World Index (ACWI) ventilées par région entre le 1er janvier et le 23 août 2016

graph 5 dm RALLY

Graphique 6 : performances de l’indice MSCI All Country World Index (ACWI) ventilées par secteur et style d’investissement entre le 1er janvier et le 23 août 2016

GRAPH 6 DM RALLY

Graphique 7 : performances de l’indice MSCI All Country World Index (ACWI) ventilées par taille/style entre le 1er janvier et le 23 août 2016

graph 7 DM rally

Graphique 8 : performances de l’indice MSCI All Country World Index (ACWI) ventilées par facteur d’investissement entre le 1er janvier et le 23 août 2016

graph 8 dm rally

Graphique 9 : performances de l’indice depuis le début de l’année (jusqu’au 23/08/16) – les valeurs cycliques ont pris le dessus après le creux de février et après le référendum britannique. La tendance qui a globalement prédominé est la recherche de revenus sûrs. Cette tendance devrait perdurer, selon moi, jusqu’au prochain choc de marché.

graph 9 Dm rally

Sources : MSCI Barra, BNP Paribas Investment Partners, situation au 23 août 2016

Naturellement, le premier acteur de marché reste les banques centrales. Le graphique 10 semble indiquer que les rendements pourraient baisser. Les banques centrales ne détiennent « que » 30 % du marché des obligations d’État (États-Unis, Royaume-Uni, Japon et zone euro). Étant donné que l’assouplissement quantitatif n’est pas prêt de se terminer prochainement, la chasse au rendement continue.

Graphique 10 : jusqu’où les rendements obligataires peuvent-ils descendre ? Quel volume de dette souveraine les banques centrales peuvent-elles encore acheter ? Il me semble que les banques centrales continueront pendant quelque temps à racheter des obligations d’État, voire augmenteront les montants. Si tel est le cas, les rendements continueront à baisser et les investisseurs poursuivront leur quête de revenus, partout où ils se trouvent.

graph 10 ddm

Sources : Réserve fédérale américaine, Banque centrale européenne, Banque du Japon, Banque d’Angleterre, Barclays, BNP Paribas Investment Partners, juillet 2016. [divider] [/divider]

 Cet article a été rédigé par Daniel Morris, Senior Investment Strategist, le 24 août 2016 à Londres.

Daniel Morris

CFA, Senior Investment Strategist

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