Contrôle de la volatilité : des modèles et des hommes

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Voilà plus de cinq ans, nous mettions en place, un nouveau processus d’investissement basé sur un contrôle de la volatilité. Cette stratégie, baptisée « IsoVol », nous permet aujourd’hui de gérer un périmètre de fonds totalisant près de 2 milliards d’euros d’actifs. De quoi opérer un bilan d’expérience, en tentant notamment de répondre à l’une des questions récurrentes qui nous sont adressées : quel est donc le rôle des gérants quand la gestion repose sur un contrôle systématique de la volatilité ?

La philosophie de la stratégie IsoVol repose en partie sur un constat d’expérience, développé au cours de la crise financière de 2008. En fonction des régimes de marché, des périodes les plus calmes aux épisodes les plus turbulents, la volatilité d’un investissement peut évoluer considérablement, laissant les investisseurs et les gérants de portefeuille dans une forte incertitude quant aux risques encourus. Début 2007, le VIX – indicateur de volatilité implicite des actions américaines – descendait brièvement en-dessous de la barre des 10 %. Moins de deux ans plus tard, en novembre 2008, il approchait les 90 %.

C’est dans ce contexte qu’a été développé un nouveau processus d’investissement basé sur la volatilité, en collaboration étroite entre l’ingénierie financière de BNP Paribas Investment Partners et l’équipe de gestion de THEAM. Derrière les modèles se trouvent donc des hommes et des femmes, qui basent leurs postulats sur une expérience directe du marché.

Les cinq années qui ont suivi nous ont ensuite permis de « vivre » avec la stratégie « IsoVol ». Elles ont été riches en enseignement. Entre temps, les marchés ont subi l’influence des politiques non conventionnelles des grandes Banques Centrales, « Quantitative Easing » en tête, qui n’ont pas manqué d’avoir un impact sur la volatilité elle-même. La formule de Mario Draghi sur la sauvegarde de la zone euro, « Believe me, it will be enough », a marqué en 2012 le début d’une compression sans précédent de la volatilité sur l’ensemble des grandes classes d’actifs, actions, obligations et marchés des changes.

Mais si les indicateurs purement statistiques ont montré une décrue du risque, l’expérience là encore a eu son rôle à jouer. Les bas niveaux de volatilité n’étaient-ils pas artificiels, et ne pouvaient-ils pas être perçus comme instables ? Nous avons ainsi ajusté le modèle, début 2015, de façon à accroître la réactivité des ajustements de portefeuille, en considérant tout particulièrement le scénario d’une éventuelle remontée rapide des taux d’intérêt.

Une autre évolution est née du constat qu’un univers d’investissement fixe, tel que défini fin 2009, n’est peut-être pas le mieux adapté aux opportunités par définition changeantes liées aux grandes évolutions macroéconomiques. Outre la flexibilité d’exposition, l’univers d’investissement lui-même est donc devenu flexible. En fonction des anticipations stratégiques, nous pouvons ajouter jusqu’à trois nouveaux actifs de diversification, à même de mieux répondre aux enjeux économiques du moment. En juin 2015, nous avons par exemple investi sur les obligations d’Etat australiennes, potentiellement sensibles à un ralentissement de la croissance en Asie émergente.

La flexibilité de l’univers comprend également le choix des instruments. Les promoteurs d’ETFs et fonds indiciels innovent constamment, avec entre autres le développement de produits « quanto », directement couverts en change. Ces évolutions font l’objet d’une veille permanente.

On voit donc qu’en complément des avantages d’une discipline systématique de contrôle de la volatilité, le facteur humain a son rôle à jouer dans la gestion d’un fonds « IsoVol ». En gravissant la courbe, les gestions modélisées n’en deviennent que plus efficaces.

Les sources des données de la fin de juillet, 2015, THEAM

Cliquez ici pour lire l’article, ‘Et si la volatilité était de retour sur les marchés ?

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Tarek Issaoui

Head of Flexible Solutions within the Model driven expertise at THEAM

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