Epargne à long terme : pourquoi et comment faire ?

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Avec la diminution du «taux de remplacement» dans la plupart des pays européens, la nécessité de compenser le manque à gagner résultant de la perte des revenus au moment de la retraite va constituer un moteur important de l’épargne dans les décennies à venir. Qu’il s’agisse d’épargne ponctuelle ou régulière – ce qui importe c’est de débuter son épargne à temps. Des questions importantes se posent alors : comment répartir son épargne afin de maximiser les rendements en fonction de son profil de risque qui évolue au fil du temps ? Vaut-il mieux prendre des décisions soi-même ou déléguer cette tâche à un professionnel de la gestion ? Quel niveau de garantie choisir ? Comment trouver un juste équilibre entre une protection adéquate et une flexibilité suffisante pour pouvoir saisir les opportunités quand les circonstances évoluent ?

La réduction prévue du fameux taux de remplacement, c’est-à-dire le pourcentage de son ancien revenu que l’on perçoit une fois à la retraite, n’est pas sans effet sur le comportement des ménages. L’idée de l’état providence, subvenant à tous les besoins des retraités a déjà fait long feu dans la tête des actifs et nombreux sont ceux qui se préoccupent de constituer une épargne en vue de compléter les retraites versées par les différents régimes.

En effet les réformes des retraites, initiées depuis le début des années 1990 ont eu pour objectif de stabiliser la part de PIB consacrée à ces dépenses. Or les études démographiques montrent qu’en France, la population d’actifs va stagner alors que la population de retraités aura quasiment doublé entre 1990 et 2050. Il devient donc évident que le maintien du niveau de vie des futurs retraités passera par des sources de revenus complémentaires. Les principaux leviers utilisés pour maintenir ces systèmes et leurs coûts en points de PIB ont été de jouer sur les durées de cotisations et le montant des pensions. Si le premier levier n’a pas d’incidence directe sur le besoin d’épargne supplémentaire (si l’on considère comme acquis le plein emploi jusqu’à l’âge de la retraite), il en est tout autrement pour le deuxième. Depuis la réforme de 1993 qui a fait passer le calcul de la pension des 10 aux 25 meilleures années d’activité, jusqu’au gel décidé en 2014, de la revalorisation des pensions de base jusqu’en octobre 2015, le taux de remplacement ne cesse de s’éroder, alimentant ainsi le besoin d’une épargne supplémentaire.

Cela se traduit également en flux (ou chiffres) au bénéfice d’une épargne financière dans le cadre d’une activité professionnelle (épargne salariale) ou libre (pilier III). Par exemple, sur les 6 premiers mois de 2014, les flux d’alimentation sur les PERCO ont atteint un peu plus de 1,2 milliards d’euros, soit une progression de plus de 11 % par rapport à la même période en 2013. Ces encours progressent même de plus de 26 % sur un an (source AFG, 4 novembre 2014). De même, les Français ont de plus en plus recours à d’autres placements liés à la retraite, tels que le PERP, les « Art 83 » ou les contrats de retraite « Madelin » bien connus des travailleurs non-salariés.

En termes d’épargne, ces comportements sont nouveaux. En effet, en France, la génération du baby- boom n’a pas eu trop à se préoccuper de trouver des sources de revenus supplémentaires pour sa retraite, grâce à une amélioration des pensions portée durant  « les trente glorieuses » par une activité économique favorable, une démographie porteuse et un déficit de population en âge d’être retraitée dû aux deux guerres mondiales. Le régime par répartition faisant le reste.

Rien ne sert de courir, il faut épargner à point

Confrontés à ce nouveau défi perte de revenus au moment de la retraite, les actifs français vont devoir se constituer une épargne de long terme.

Afin d’acquérir les bons réflexes, un effort de pédagogie va être nécessaire de la part des acteurs de la filière de l’épargne. La constitution d’une épargne longue n’est pas aisée, mais une règle simple s’impose.

Prenons trois investisseurs différents avec la même capacité d’épargne de 1000 EUR par an :

Le premier ne s’occupe pas de son épargne et laisse son pécule dormir sur son compte en banque. Résultat : au bout de 20 ans, il dispose de 20 000 EUR.

Le second ne s’occupe pas de son épargne pendant les dix premières années de sa vie professionnelle, puis s’intéressant à sa retraite, il met les bouchées doubles et investit 2 000 EUR par an sur des produits financiers pendant les dix dernières années. Résultat : au bout de 20 ans, il dispose de 25 000 EUR.

Le dernier, quant à lui investit régulièrement son épargne disponible de 1000 EUR tous les ans. Résultat : au bout de 20 ans, il dispose de 30 000 EUR.

En d’autres termes, la morale de la fable « Rien ne sert de courir, il faut partir à point » illustre parfaitement le comportement qu’il convient d’avoir lorsque l’on souhaite épargner sur le long terme.

L’épargne n’est pas toujours un long fleuve tranquille

Bien évidemment, ces conseils sont plus faciles à dire qu’à faire. En effet, en terme d’épargne, la vie est aussi parsemée d’embuches : les grandes échéances prévues, départ à la retraite, achat d’une maison, peuvent être largement impactées par des évènements touchant la vie privée ou professionnelle. L’industrie financière dans sa majorité a intégré ces contraintes de « liquidité» dans ses produits offrant aux épargnants de disposer de leur capital à leur rythme ou sous certaines conditions. Les carrières professionnelles étant plus heurtées, l’âge de départ à la retraite plus incertain, il est en effet important pour l’investisseur de préserver sa capacité à changer ses priorités où horizons d’investissement. Toutefois, l’adossement des produits financiers à un horizon d’investissement devra être ainsi recherché pour faire bénéficier au mieux l’épargnant de rémunérations plus avantageuses pour des périodes de placement plus longues.

Une fois établie la nécessité de commencer le plus tôt possible son effort d’épargne, reste une question des plus épineuses à répondre : où placer cet argent ?

Une règle d’or : la diversification

Cela implique donc une sélection et un choix de différents placements financiers. L’investisseur doit donc chercher à maximiser son rendement sous plusieurs contraintes :

  • Une contrainte de diversification minimum
  • Une contrainte liée à son horizon de placement et comme nous l’avons évoqué précédemment la flexibilité liée de cet horizon.
  • Une contrainte de profil de risque qui va évoluer au fil du temps

Qu’entend-on par « profil de risque qui évolue au fil du temps » ? Cela correspond à l’évolution de l’appétit au risque de l’investisseur en fonction de son âge. En effet, un actif au début de sa vie professionnelle est plus enclin à prendre du risque sur ses investissements alors qu’un actif proche de sa retraite aura tendance à vouloir sécuriser tout ou partie de son capital.

Cette traduction de la contrainte nous montre ainsi que les choix de diversification, ou d’allocation d’actifs devront être revus régulièrement afin de coller au montant de risque global souhaité par l’investisseur, qui décroit avec le temps.

Cette dernière contrainte a beaucoup d’implications pour l’épargnant. En effet, faire un choix d’allocation, ou bien construire un portefeuille diversifié d’actifs financiers nécessite une certaine dose de connaissances financières et l’on peut y parvenir en consacrant un certain temps à cet exercice. Revoir ces choix et les reconsidérer de manière régulière demande un effort constant et un appétit certain pour la finance.

C’est pourquoi beaucoup d’épargnants font le choix de déléguer cette tâche à un professionnel de la gestion. Ceux-ci ont développé des gestions à horizon ou la gestion active s’inscrit dans un cadre où le profil de risque décroit avec le temps. Ces gestions à horizon sont même les placements préférés des américains lorsqu’ils épargnent pour leur retraite. En effet, de ce côté-là de l’Atlantique, la mise en place d’une épargne complémentaire par capitalisation s’est largement répandue dès le début des années 1980 et les épargnants, déduisant fiscalement ces versements de leur salaire, ont pris l’habitude d’abonder ces fonds à horizon.

Que ce soit d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, les marchés financiers quant à eux ont joué les montagnes russes, profitant de « l’exubérance irrationnelle » à la fin des années 1990, puis de l’éclatement de la bulle internet dans les années 2000, suivi du rassainissement des marchés actions jusqu’en 2007, puis des fortes baisse liées à la crise des subprimes et des diverses récessions vécues par les différentes économies de la planète.

Tous ces évènements ont largement contribué à renforcer l’aversion au risque des investisseurs. L’épargnant français, à la culture action peu développée s’est tourné encore davantage vers des produits sécurisés ou comportant peu de risque. Cette inflexion de comportement est très nette depuis la crise 2007-2009 et la demande de transparence sur les risques encourus ne cesse d’augmenter.

Se pose alors la question de la protection de son épargne. Autrement dit, doit on se préoccuper de la protection du capital au même titre que l’on se préoccupe de la génération de performance ?

Faire fructifier son épargne en toute sécurité

La gestion protégée et son développement semblent le dire en apportant une réponse durable à cette problématique et aux préoccupations majeures des investisseurs.

Ce type de gestion, née autour de la notion de capital garanti a grandi et évolué vers une notion plus étendue de maitrise de budget de risque. Des enveloppes de risques, statiques ou dynamiques selon les produits, sont ainsi définies pour quantifier le risque maximal encouru par l’investisseur, et discrétion est laissée au gérant à l’intérieur de ces contours pour atteindre ses objectifs de gestion.

Particulièrement adaptée aux fonds à horizon, certaines de ces gestions protégées mêlent ainsi potentiel de rendement et protection du capital. Dans cette utilisation au sein de fonds à horizon, des niveaux de garanties sont assurés et l’exposition aux actifs financiers à haut rendement aura tendance à se réduire proche de l’échéance des produits.

Mêlant ainsi allocation dynamique à un profil de risque se réduisant au fil de l’eau, l’ajout de garantie apporte certes une réponse à la préoccupation de conservation du capital pour l’investisseur mais cela se fait-il au détriment du potentiel de rendement du produit ?

Bien évidement cela dépendra du niveau de la garantie et des conditions de sa « révisabilité ». Le niveau actuel des taux d’intérêts de la zone euro étant sur des plus bas historiques et proche de zéro, offrir des garanties à 100 % ampute considérablement le potentiel d’appréciation des produits. En effet la construction de telles garanties se fait en règle générale par l’achat pour une partie du portefeuille, de produits obligataires émis par le garant qui délivreront le montant attendue de la garantie. Dans un environnement de taux proche de zéro, cette partie du portefeuille devient prépondérante, ne laissant que peu de place pour des investissements sur d’autres actifs, et donc peu de surprises à attendre au-delà de la garantie pour l’investisseur.

Pouvoir proposer des garanties mobilisant moins de capital est donc vital dans cet environnement si l’on souhaite offrir en même temps un potentiel de rendement sur la durée.

Inversement, dans des périodes de taux d’intérêts élevés, des garanties n’offrant seulement que 100 % de protection sont-elles vraiment attractives ? En effet, 100 euros capitalisés à 5 % pendant 15 ans vous donneront un peu plus de 200 euros in fine, bien au-delà de 100 euros garantis.

Pouvoir adapter le montant des garanties en cours de vie et les lier au niveau des taux d’intérêts devrait ainsi permettre à son épargne de fructifier en toute sécurité.

C’est ce que propose THEAM au travers d’une gamme de fonds à horizons, offrant pour des horizons allant de 5 à 30 ans des garanties évolutives qui s’adapteront aux différentes conditions de taux rencontrées pendant la vie des produits.

En résumé, afin de compenser la perte de revenu au moment de la retraite, il pourrait être judicieux de :

  • Commencer à épargner le plus tôt possible ;
  • Diversifier ses investissements ;
  • Eviter de rester complètement en dehors des actifs risqués, même en période de marché volatil, sous peine de passer à côté des hausses ;
  • Ne pas confondre l’épargne en vue de sa retraite et l’épargne de précaution, la première n’étant pas faite pour être utilisée en cas de besoin ;
  • Structurer son épargne en y associant des horizons d’investissement ;
  • Opter pour des produits qui s’adaptent aux différentes conditions de marchés qui ne manqueront pas de se produire sur une période d’investissement longue.
Charles Alberti

Investment specialist at THEAM

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