Gestion des déchets : monsieur Tout-le-Monde s’implique

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Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il est déconseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

En marge de l’agitation médiatique qui entoure les grands événements internationaux comme la COP21, des initiatives citoyennes, discrètes et souvent méconnues, voient le jour pour défendre l’environnement.

Parmi elles, le mouvement « Zero Waste » (Zéro Déchet), né de la prise de conscience aux États-Unis des impacts néfastes du gaspillage généralisé qui prévaut dans les modes de consommation des sociétés modernes.

Jugez plutôt. Depuis 50 ans, les emballages jetables ont envahi notre quotidien et relèvent de la banalité de nos habitudes. Ils représentent une part importante du contenu de nos poubelles, soit 50 % en volume et 30 %1 en poids (les déchets ménagers s’élevant, en France, à 518 kg par habitant et par an). Or, ces emballages sont souvent en plastique.

Quand on sait que cinq continents de plastique flottent à la surface des océans, le plus important correspondant à cinq fois la superficie de la France, et que certaines matières plastiques mettent plus de mille ans1 à se dégrader, on mesure mieux l’ampleur du désastre écologique. D’autre part, le traitement des déchets a un coût pour le contribuable local ; ainsi, en 2013, sur la seule région de l’Ile de France, les taxes d’enlèvement des ordures ménagères se sont élevées à plus de 1,5 milliard d’euros, soit environ 140 euros par personne et par an.

Béa Johnson, Française installée aux États-Unis, est l’une des têtes de file du mouvement. La jeune femme, mariée et mère de deux enfants, a complètement remis en question son mode de vie et ses habitudes de consommation. Aujourd’hui, elle prône le zéro déchet. Sa démarche se décline autour de cinq préceptes pratiques : refus de consommer, réduction des achats, réutilisation, recyclage et compostage. Ainsi, elle achète les produits alimentaires en vrac ou à la coupe et les conservent dans des pots en verre ; elle se meuble et s’habille d’occasion ; elle privilégie les achats de proximité pour limiter son empreinte carbone. Rigueur et constance lui ont permis en 2014 de faire tenir ses déchets non-recyclables dans un bocal d’un litre !

Une autre de ces initiatives citoyennes – dont commencent à s’inspirer de plus en plus d’hommes politiques – est celle conduite à Caponari, en Italie, par Rossano Ercolini, lauréat du Goldman Prize en 2013, l’équivalent du prix Nobel pour l’environnement. Sous son impulsion, des groupements de bénévoles se sont créés avec comme objectif premier de réduire le niveau des déchets produits dans la ville. L’accent a été mis sur l’éducation et la sensibilisation de la population à la menace que représente l’accumulation des déchets, pour l’environnement comme pour la santé publique. La ville a apporté son soutien à travers l’instauration d’une tarification incitative, imposant le paiement des taxes d’enlèvement à hauteur des déchets rejetés. Par ailleurs, des centres de récupération ont été ouverts ; ils permettent de collecter toutes sortes de biens, allant des textiles aux appareils électro-ménagers, et, dans la mesure du possible, de les remettre en état avant de leur trouver un nouveau propriétaire. Au-delà des seuls bénéfices environnementaux, la création de ces centres de collecte et de réhabilitation a permis de créer de nombreux emplois et d’éviter la dépense des deniers publics dans l’extension coûteuse de l’usine d’incinération. Leçon à méditer par nombre d’édiles : en dix ans, les déchets ménagers ont été réduits de 40 %.

Cette initiative est remarquable aussi bien pour les résultats obtenus que pour la démarche de coopération mise en place avec la ville. Il convient néanmoins de préciser que Caponari ne compte que 46 000 habitants. Les recettes appliquées sont-elles également valables pour des mégalopoles comme Paris, Tokyo ou New-York ? De tels mouvements citoyens peuvent-ils éclore dans le milieu impersonnel de ces capitales ? Quel doit être le rôle des autorités publiques, État ou collectivités locales, pour en favoriser le développement ? Selon quel format doivent-elles intervenir (subventions, incitations fiscales, sessions de formation, outils pédagogiques, mise à disposition de locaux) ? Autre alternative plus compatible avec les traditions étatiques françaises, ces mêmes autorités doivent-elles prendre en charge dans leur intégralité les dispositions pratiques de ces projets ? Quels partenariats nouer avec les entreprises spécialisées dans le retraitement et le recyclage ? L’État doit-il intervenir pour faire payer les emballages à hauteur du coût de leur retraitement et de leur empreinte carbone une fois jetés, et comment convient-il de mesurer ce coût ? Plus généralement, l’État doit-il redéfinir sa politique de la ville et favoriser l’émergence d’entités plus petites et donc plus propices à la protection du climat et de l’environnement ? Autant de questions qui devront trouver une réponse rapidement, si l’on veut rester en-deçà des deux degrés de hausse des températures que les climatologues avisés considèrent comme le seuil critique à ne pas dépasser.

Certaines entreprises engagées ont d’ores et déjà mis en place des solutions pour réduire et recycler les déchets. C’est par exemple le cas de TOMRA, société norvégienne spécialisée dans le recyclage à grande échelle des contenants, notamment des cannettes en aluminium. Chaque année, TOMRA récupère et recycle 35 milliards de ces contenants. Or, une canette en aluminium recyclée nécessite 40 fois moins d’énergie qu’une canette fabriquée à partir du minerai brut ; ce simple chiffre donne la mesure de l’impact positif que permet le recyclage des déchets. Pour les investisseurs soucieux de donner sens à leur épargne et de profiter de l’intérêt accru porté aujourd’hui aux problèmes environnementaux, il est possible de financer ces entreprises en investissant dans la stratégie SMaRT Food de BNP Paribas Asset Management.

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Alexandre Jeanblanc

Investment Specialist, SRI

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