L’aquaponie : une solution écologique pour nourrir la planète

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Selon un rapport de l’ONU datant de 2010, jusqu’à 30 millions d’hectares (soit la superficie de l’Italie) de surfaces cultivables sont perdus chaque année du fait de l’érosion et de l’épuisement avancé des sols, ainsi que de l’urbanisation. Depuis 2008, le seuil des 50 % de la population mondiale vivant en zone urbaine a été franchi. La dégradation de l’environnement, ainsi que le développement industriel et immobilier, sont autant de facteurs réduisant l’espace disponible pour une agriculture classique et poussant à l’émergence de nouvelles méthodes plus adaptées à ces mutations, comme c’est par exemple le cas de l’aquaponie.

L’aquaponie est née d’une symbiose entre l’aquaculture et l’hydroponie (culture des plantes hors-sol)

C’est un processus qui consiste à faire pousser des végétaux dans des structures suspendues, dont le pied est immergé dans un bassin à poissons. Il suffit d’abord de nourrir les poissons ; leurs rejets sont ensuite absorbés par les racines des plantes et assimilés pour leur croissance, ce qui contribue à filtrer l’eau qui retourne ensuite purifiée dans le bassin. Il s’agit donc de reproduire un cycle naturel, qu’on dénomme plus précisément un Ecosystème Alimentaire Urbain. On obtient ainsi à la fois du poisson, mais aussi des fruits et légumes d’une manière écologique et économique.

En effet, d’une part, les aliments ont été produits sans utilisation d’engrais chimique puisque l’engrais est fourni par les déjections du poisson, avec une quasi-absence d’autres additifs tels que les pesticides puisque ceux-ci tueraient les bactéries nécessaires au maintien de l’écosystème, avec un minimum de rejets dans l’environnement et en utilisant 80% moins d’eau qu’en agriculture industrielle. D’autre part, la capacité de production est 10 fois plus importante au mètre carré, on peut cultiver les 12 mois de l’année, et puisqu’aucun contact n’est nécessaire entre la production et le sol, il est possible de disposer d’espaces inutilisables en agriculture classique tels que les terrains minéralisés ou stériles. Un modèle réplicable de ferme aquaponique confirmant ces paramètres a déjà été testé sur un site à Morannes en Maine-et-Loire.

L’unique élément extérieur à cette boucle est la nourriture qu’il faut distribuer aux poissons. Or, dans ce secteur également naissent des innovations, comme c’est le cas de granulés pour poissons produits à partir de déchets organiques. Ainsi, la transformation de bio-déchets en protéines, au cours d’un processus naturel, permet de proposer une source d’aliments complets aux pisciculteurs, réduisant leurs coûts d’achat et limitant les impacts environnementaux de leur production.

Une nouvelle ère qui s’annonce

Même si le succès que rencontrera ce processus dans le futur est encore incertain, cet exemple illustre l’ampleur des efforts déployés pour résoudre les problèmes de l’environnement à l’aube de la nouvelle ère qui s’annonce : celle du développement durable. En tant que gérant de fonds environnementaux, BNP Paribas Asset Management s’intéresse de près à toutes les solutions durables qui, comme celle-ci, contribuent à la protection de l’environnement pour les années à venir.

Alexandre Jeanblanc

Investment Specialist, SRI

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