Quelles solutions pour nourrir la planète

Post with image

À y regarder de près, l’augmentation de la production agricole depuis la fin de la deuxième guerre mondiale tient de miracles d’organisation et de technologie. Cependant, le système qui la soutient présente de grandes vulnérabilités, qui, aujourd’hui, paraissent flagrantes : nécessité de conditions climatiques relativement stables, monocultures, utilisation massive d’antibiotiques, engrais et pesticides, moyens de transport rapides et efficaces.

Or, la FAO (Food and Agriculture Organization) estime que, pour nourrir la population humaine en 2050, il faudra augmenter la production agricole de 70 %. Cela devra se faire tout en assurant la survie de la planète ; et cela nécessitera donc, tout à la fois, de contenir le réchauffement climatique, restreindre l’expansion des terres à cultiver (pour préserver les écosystèmes), augmenter les rendements, diminuer les pollutions agricoles, économiser l’eau, préserver les nappes phréatiques, assurer la conservation des sols, accroître l’efficacité des engrais, tirer un meilleur usage de l’énergie, devenir moins carnivore (pour optimiser la consommation des céréales), réduire le gaspillage alimentaire (un tiers de la nourriture produite étant perdue aujourd’hui), arrêter la dégradation écologique des océans, modérer l’utilisation des antibiotiques, réguler l’aquaculture, développer la recherche dans l’agriculture « durable » ou « soutenable ». Le système de production agricole devra donc évoluer et s’adapter. Des défis titanesques !

Des solutions existent déjà, comme le montrent certaines expériences couronnées de succès. On pense, entre autres, à la domestication de l’eau en Israel, à l’irrigation au goutte à goutte, de plus en plus pratiquée en Californie, au recyclage des contenants dans les pays nordiques, au remplacement des engrais chimiques par des engrais organiques, à la permaculture (donnant apparemment de bons rendements mais exigeant une main d’œuvre abondante), au développement de systèmes plus efficaces de conservation de la nourriture, aux systèmes précis de dosage des intrants. Ces solutions devront être généralisées pour que l’environnement ne pâtisse pas des contraintes liées à l’augmentation de la production agricole. De nouvelles formes d’agriculture décentralisées et de petite taille seront peut-être également à explorer. Il n’y aura pas une solution, mais des solutions qui se déclineront en fonction des terrains, des mentalités, des moyens financiers disponibles ou des technologies accessibles. Aucune ne pourra prétendre détenir, à elle seule, les clés de la résolution des problèmes à venir.

Nous n’en sommes, vraisemblablement, qu’au début d’un vaste mouvement de transformation des modes de production agricole. L’agriculture de demain devra être efficace, tout en étant économe et respectueuse de l’environnement. Les technologies continuent à s’améliorer et offrent des perspectives de progrès, inimaginables voici encore 10 ans (cf. supra). Cependant, elles nécessitent le déploiement de capitaux importants. Les gouvernements sauront-ils prendre la mesure de tous ces défis et aider en conséquence leurs agriculteurs ? Sauront-ils faire le pari de solutions non conventionnelles écologiques (comme la permaculture, par exemple) ? Le consommateur acceptera-t-il de payer plus cher des produits plus coûteux ? La part des PNB dévolue à l’agriculture n’a cessé de baisser depuis 50 ans (pour ne représenter en 2014 que moins de 2 % dans bien des pays développés) ; le moment est-il venu de changer nos façons de penser et nos modèles de développement ?

C’est dans les sociétés qui s’inscrivent résolument dans la relève de ces défis que les fonds environnementaux spécialisés de BNP Paribas Investment Partners investissent.

Alexandre Jeanblanc

Investment Specialist, SRI

Leave a reply

Your email adress will not be published. Required fields are marked*