Le nouveau comité de politique monétaire indienne abaisse les taux

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La politique monétaire indienne est entrée dans une nouvelle ère alors que son nouveau comité de politique monétaire (MPC) a réduit le taux directeur du pays de 25 pb à 6,25%, dès sa première réunion le 4 octobre. Grâce au recul récent de l’inflation (à 4,3 % en glissement annuel en septembre) et une mousson favorable, la Banque centrale indienne (RBI) a pu conserver sa position accommodante.

Une première pour le Dr Urjit Patel et le MPC

C’est la première décision du MPC indien prise sous la direction du Dr Urjit Patel, qui succède en tant que gouverneur au Dr Raghuram Rajan, dont le mandat s’est achevé le 4 septembre dernier.

Alors que les marchés financiers ont conjecturé l’orientation de la politique monétaire après le départ du Dr Rajan, la nomination du Dr Patel au poste de gouverneur a été interprétée comme un signe clair de continuité. Le Dr Patel est gouverneur adjoint chargé de la politique monétaire depuis janvier 2013 et a joué un rôle crucial dans la définition d’une stratégie de ciblage de l’inflation en Inde au travers de ses recommandations formulées dans le rapport du comité Patel de 2014.

Une des préconisations de ce rapport est aussi à l’origine de la formation du MPC, qui est à présent responsable des décisions de politique monétaire. Le comité compte au total six membres, trois issus de la Banque de réserve de l’Inde (RBI) et trois experts nommés par le gouvernement, avec un vote décisif pour le gouverneur de la RBI en cas d’égalité.

Une légère réduction de l’objectif de taux d’intérêt réel permet de nouvelles baisses

Le MPC a joué la carte de la continuité dans la plupart des domaines. Le comité a conservé l’objectif d’inflation de 5 % de la RBI d’ici mars 2017, de même que le taux à plus long terme de 4 % (+/-2 %) et la politique accommodante initiée par le Dr Rajan. Toutefois, l’abaissement de l’objectif de taux d’intérêt réel de la RBI, passant de 1,50 %-2 % à un objectif plus dynamique de 1,25 %, constitue un changement notable.

Cet abaissement, combiné au recul probable de l’inflation grâce à une mousson clémente, devrait ouvrir la voie à une nouvelle réduction des taux de 50 pb dans les six prochains mois.

Graphique 1 : le récent recul de l’inflation ouvre la voie à une baisse des taux

inflation

Source : BNP Paribas Investment Partners 21/11/16

Accélération probable de la croissance du PIB de l’Inde

La décision de la RBI a été bien accueillie par les investisseurs et les entreprises, car elle devrait stimuler la croissance du PIB de l’Inde. La RBI continue de tabler sur une croissance de 7,6 % en 2017, grâce à une augmentation de la consommation rurale et urbaine, toutefois partiellement pénalisée par les obstacles à l’international, qui plombent les exportations indiennes.

Pour l’exercice 2018, la RBI anticipe une accélération de la croissance à 7,9 %, à la faveur des changements structurels positifs, tels que l’application de la taxe sur les biens et services (TBS) et les mesures destinées à attirer davantage d’investissements directs étrangers (IDE).

Compte tenu de ces perspectives positives, le Fonds monétaire international a relevé, en octobre 2016, ses perspectives de croissance pour l’Inde pour l’exercice 2017, de 7,4 % à 7,6 %, en soulignant la solide dynamique de croissance du pays.


La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas leur investissement initial.

Investir dans les marchés émergents ou dans des segments de marché spécialisés ou restreints peut présenter une volatilité supérieure à la moyenne en raison de la forte concentration de leurs positions, d’un degré d’incertitude plus élevé reflétant le manque d’informations disponibles, de leur liquidité plus faible ou de leur sensibilité plus élevée à l’évolution des conditions de marché, celles-ci étant influencées par la situation sociale, politique et économique.

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la plupart des marchés développés internationaux. Par conséquent, les services de transaction, de liquidation et de conservation du portefeuille utilisés pour le compte des fonds peuvent comporter un risque plus élevé.

Paul Milon

Investment Specialist, Indian Equities

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