Les obligations vertes : instrument clé de financement pour un monde en deçà de 2°C – 1ère partie

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Afin d’engager une transition énergétique qui conduira à un nouveau système économique, l’Agence internationale de l’énergie estime que 44 000 milliards de dollars d’investissements sont nécessaires d’ici à 2050, soit 1,3 trillion de dollars par an.

À titre de comparaison, selon l’EFAMA, l’industrie européenne de gestion d’actifs gérait en 2014 un total de 20 trillions de dollars, tandis que l’industrie des sociétés de gestion à l’échelle mondiale représentait un total de 55 trillions de dollars annuels.

Dans ce contexte, le secteur financier joue un rôle de premier plan pour mobiliser des actifs financiers de long terme nécessaires à la transition énergétique.

Quelle allocation d’actifs pour faire face au dérèglement climatique ?

Selon Mercer, 90 % de la variation du rendement du portefeuille sont attribués à l’allocation d’actifs, or selon le consultant, la situation actuelle est préoccupante car les approches traditionelles d’allocation d’actifs ne sont pas capables de prendre en compte le risque climatique.

Pour faire face à cette situation et intégrer de manière durable le risque climatique dans les décisions d’investissement, l’Institutional Investor Group on Climate Change – IIGCC suggère la mise en œuvre de deux actions :

1. La gestion du risque climatique, qui passe par la mesure de l’intensité carbone des portefeuilles ainsi que la réduction de l’investissement dans des secteurs et actifs fortement impactés par les évènements climatiques majeurs et le durcissement de la réglementation environnementale.

2. L’augmentation des investissements dans des secteurs à fort impact environnemental, tels que l’infrastructure en énergie renouvelable, efficacité énergétique, et, la sylviculture ; ainsi que le développement de véhicules d’investissement adaptés tels que les obligations vertes, le capital investissement et les fonds thématiques environnementaux.

BNP Paribas Investment Partners (BNPP IP) considère que les obligations vertes constituent un instrument clé pour accompagner le changement d’allocation de capital dans l’intérêt de nos clients. En effet, dans le cadre de notre stratégie de lutte contre le changement climatique nous avons pour ambition d’augmenter de manière significative le montant investi dans cet instrument.

Obligation fiduciaire et soutien au secteur des obligations vertes

Nous sommes ainsi conscients de l’importance des obligations vertes comme instrument incontournable vers une nouvelle allocation d’actifs, plus cohérente avec les risques et opportunités liés au dérèglement climatique. BNP Paribas Investment Partners avance dans cette direction dans le cadre de sa stratégie de «2°C ».

D’abord, le poids de la gestion obligataire de BNP Paribas Investment Partners constitue un levier important d’action. Les 217 milliards d’euros investis en produits de taux nous permettent par exemple d’œuvrer pour le soutien du secteur et faire bénéficier à nos clients d’une exposition à une diversité d’obligations vertes, dont les obligations corporate, de projets et de collectivités territoriales, mais également des titres adossés à des actifs, des obligations sécurisées et les obligations sous-souveraines, supranationales et quasi-gouvernementales.

Par ailleurs, nous nous engageons à améliorer les pratiques du secteur. En décembre 2015, BNP Paribas Investment Partners a soutenu « La déclaration de Paris sur les obligations vertes », un appel d’investisseurs institutionnels représentant plus 11,200 milliards de dollars en actifs sous gestion, et dont l’objectif est de pousser les émetteurs à travailler pour une meilleure harmonisation de standards dans le secteur.

Enfin, BNP Paribas Investment Partners participe dans le cadre de la Commission Européenne et de l’Energy Efficiency Financials Institutions Group – EFFIG à des groupes de travail dont l’objectif est de surmonter les freins à la massification d’obligations vertes, liés à l’absence d’un mécanisme d’agrégation pour les projets d’efficacité énergétique dans le secteur immobilier et industriel européen.

Notre obligation fiduciaire nous engage à garantir la pérennité des investissements et à gérer leurs risques induits. À l’heure actuelle, c’est-à-dire « post-adoption » de l’accord de Paris, cela se traduit par le soutien du secteur des obligations vertes et par une augmentation de l’exposition à des produits à impact positif sur l’environnement.

Felipe Gordillo

SRI Senior Analyst

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