Marchés actions : des opportunités après un démarrage difficile en 2016

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En bref

  • Une forte aversion au risque pèse sur les marchés actions depuis le début de l’année.

  • À notre avis, beaucoup d’acteurs de marché, craignant une crise chinoise, ont mis en place une sous-pondération des actions. Nous considérons, au contraire, que la situation actuelle se prête plutôt à un renforcement de nos positions en actions des entreprises dans les pays développés.

Graphique 1 : les marchés actions ont mal démarré l’année 2016. Les indices majeurs (S&P500, EuroSTOXX 50, Nikkei) affichent des baisses importantes pendant la période du 01/01/16 au 20/1/16.

 

graphique 1 wsu

 

La volatilité sur les marchés actions a augmenté, sur fond d’inquiétudes des investisseurs à l’égard des perspectives de l’économie mondiale en général, et de la Chine en particulier. Bien que la prudence soit de mise, nous n’anticipons pas d’effondrement de l’économie mondiale.

 

Le sentiment des investisseurs est au plus bas

Le pessimisme ambiant ne se ressent pas uniquement dans la performance des actions. Les primes de risque des obligations d’entreprise à haut rendement (‘high yield’) se sont écartées. Le marché du haut rendement américain a davantage souffert du fait de sa part plus élevée de titres émis par des entreprises du secteur de l’énergie ; ces dernières subissent en ce moment de plein fouet la baisse du prix du pétrole brut, qui est tombé, le 15 janvier 2016, à son plus bas niveau depuis 12 ans. Cette chute reflète les inquiétudes du marché à l’égard du rythme de la croissance mondiale et de l’augmentation de la production après la levée des sanctions envers l’Iran.

Graphique 2 : évolution de la prime de risque (‘spread‘) des obligations à haut rendement (‘high yield’) pour la période du 01/01/15 au 20/01/16.

 

graphique 2 wsu

 

Les investisseurs sont actuellement, d’après nous, sous-pondérés en actions, notamment les valeurs américaines. Il y a certes des raisons d’être inquiet, mais nous n’identifions aucune tendance laissant présager une récession mondiale ou américaine. Nous estimons que les perspectives de l’économie mondiale, la liquidité et les perspectives de bénéfices sont des facteurs neutres pour les actions des pays développés. La politique monétaire et l’activité de fusions-acquisitions (F&A) constituent des facteurs positifs, tandis que la situation géopolitique représente un aspect négatif, selon nous.

Renforcement du risque via les actions

Nous avons mis en place notre surpondération des actions la semaine du 11 janvier 2016, mais, jusqu’à présent, nous n’en avons pas bénéficié, les marchés se focalisant sur les conséquences négatives du recul des prix du pétrole et d’autres matières premières, le ralentissement économique en Chine (et dans d’autres pays émergents) et les dernières statistiques américaines. Les inquiétudes à l’égard des sorties de capitaux et de la fonte des réserves de change en Chine ont également joué un rôle majeur.

Le durcissement des conditions financières à travers la hausse des primes de risque des obligations du secteur privé et des marchés émergents, et aux États-Unis via le renforcement du dollar et le resserrement des critères d’octroi des prêts industriels et commerciaux par les banques, n’a pas aidé non plus les marchés mondiaux.

Notre surpondération des actions doit être considérée comme tactique. Comme susmentionné, nous estimons que les moteurs structurels des actions mondiales sont globalement équilibrés et que les préoccupations à l’égard de l’économie mondiale ainsi que les dégagements des actions sont exagérés. Nous continuons d’exclure les actions émergentes de notre surpondération, compte tenu d’une absence d’amélioration des perspectives économiques ou des résultats des entreprises.

La Chine déçoit mais ne s’effondre pas

Les statistiques récentes sur l’évolution de l’économie chinoise font état d’une situation plus faible que prévu. La croissance du PIB s’est établie à 6,9 % en 2015, soit son rythme le plus lent depuis plus de vingt ans, et le déflateur du PIB (la mesure la plus large des variations des prix dans une économie) est resté en zone de déflation. Alors que le rééquilibrage de l’économie se poursuit, la consommation résiste mais ne compense pas le ralentissement de la croissance de l’investissement. Il y a donc une modération de la croissance totale. Dans le même temps, le crédit croît deux fois plus vite que le PIB. L’élément préoccupant est que la dette non financière mesurée en pourcentage du PIB a davantage augmenté en Chine que dans n’importe quel autre des 39 pays pour lesquels la BRI dispose de données, excepté Hong Kong.

Graphique 3 : évolution du produit intérieur brut (PIB) en Chine pour la période du 01/01/10 au 20/01/16

 

graphique 3 wsu

 

Le dernier buzz du marché au sujet de la Chine a concerné la relance budgétaire et les mesures que les autorités pourraient mettre en œuvre en vue de remédier aux capacités excédentaires dans l’industrie lourde. Les dépenses publiques ont effectivement connu une plus forte progression dernièrement, mais, dans le cas du règlement du problème des surcapacités, les collectivités locales pourraient s’opposer aux destructions d’emplois. Quoi qu’il en soit, si une relance budgétaire devait être visible, ce serait dans l’investissement en infrastructures.

Nous restons prudents, mais toute mesure de relance monétaire et budgétaire, la faiblesse des prix du pétrole et la dépréciation du renminbi devraient constituer des facteurs de soutien à court terme. Avec l’approche du Nouvel An chinois et des distorsions statistiques associées, il faudra attendre quelques mois pour avoir une meilleure visibilité de la trajectoire de l’économie chinoise.

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Joost van Leenders

Portfolio Manager, Multi Asset Solutions, CFA charterholder

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