« Urban Farming » : un autre modèle d’agriculture

Post with image

De plus en plus, des communautés de citoyens se créent pour inventer des modèles alternatifs de développement. La généralisation à grande échelle de l’utilisation des nouveaux médias facilite la naissance de telles communautés ; en quelques clics, l’information est disponible pour les postulants. Certaines de ces communautés revêtent une dimension internationale transfrontalière. Elles encouragent le partage d’expériences entre membres, facilitent la mise en commun des moyens de communication, fournissent aides et conseils aux nouveaux participants, oeuvrent à se rendre visibles auprès des pouvoirs publics, défendent les intérêts de leurs membres et, pour certaines d’entre elles, participent à la nécessaire prise de conscience des changements inévitables que suppose le monde de demain. Exemple de ces communautés d’un nouveau style, le mouvement « Urban Farming » (agriculture urbaine) s’est constitué aux États-Unis autour de la nécessité pour les populations démunies des villes de pouvoir se nourrir à moindre coût et, dans le même temps, sortir de la spirale du chômage.

Sa mission est de soutenir la création de jardins sur des terres en friche, aider à y produire ingrédients et nourritures sur un mode respectueux de l’environnement, concourir à l’augmentation de la biodiversité, sensibiliser les jeunes et moins jeunes générations aux enjeux de la préservation des écosystèmes, agir pour la santé et le bien-être des personnes et favoriser l’avènement de systèmes économiques durables et soutenables.

Il se veut une plate-forme permettant, autour des enjeux de l’agriculture urbaine, de mettre en contact les personnes intéressées avec des entreprises privées, grandes ou petites, des institutions publiques, des congrégations ou des associations à but non lucratif. Le but est de développer des partenariats gagnant-gagnant entre ces différents acteurs.

Il anime également des forums interactifs en ligne pour éduquer les personnes intéressées aux avantages de l’agriculture urbaine, aux règles de fonctionnement de « Urban Farming » et, plus généralement, aux enjeux du développement durable sur le long terme et aux opportunités de travail existantes dans le secteur de l’environnement.

De telles initiatives se développeront-elles au-delà du caractère encore confidentiel qu’elles ont aujourd’hui ? Représentent-elles une réponse viable et durable aux problèmes de la malnutrition ou de la sous-alimentation dans certaines zones urbaines ? Faut-il repenser la ville pour y réintroduire ce qui s’appelait autrefois « les jardins ouvriers » ? Faudra-t-il légiférer pour lutter contre la pression foncière très forte en certains endroits et, ainsi, permettre la libération de terres à ces fins ? Les solutions aux problèmes environnementaux sont-elles à chercher dans des entreprises « micro » qui sont à construire (jardins, petites éoliennes) ou, a contrario, dans des entreprises « macro » qui prévalent aujourd’hui (centrales nucléaires, agriculture intensive) ? Le futur est-il à la décentralisation ou à la concentration, au « micro » ou au « mega » ? Autant de questions qui ne pourront pas laisser indifférents les hommes politiques de demain.

Sur un autre plan, quelles sont les entreprises qui sauront tirer profit de la multiplication probable d’expériences comme celles de « Urban Farming » ? Quelle sera l’ampleur des mouvements de ce type ? Quelle est la taille d’un tel marché ?

Ce sont toutes ces questions qui intéressent les gérants des stratégies environnementales de BNP Paribas Investment Partners.

Alexandre Jeanblanc

Investment Specialist, SRI

Leave a reply

Your email adress will not be published. Required fields are marked*