Quelles perspectives d’investissement aux États-Unis pour la fin de 2016 ?

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L’issue des élections présidentielles américaines à venir passera très certainement en tête des préoccupations des investisseurs, reléguant au second rang la prochaine intervention de la Fed. Nous estimons que la même importance devrait être accordée à la composition du Congrès qu’au vainqueur des élections, du fait de l’influence relativement faible du président américain sur l’économie et, en corollaire, sur les profits des entreprises. Pour sa part, le Congrès, en tant qu’organe législatif, est en mesure d’exercer un impact significatif sur certains secteurs, comme l’ont montré par exemple le Dodd Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act et le Affordable Health Care for America Act.

Cette année, les actions américaines ont affiché de meilleurs rendements que leurs homologues de la plupart des économies développées, malgré les inquiétudes qui persistent concernant les valorisations élevées, les marges élevées et l’augmentation des taux d’intérêt. Les difficultés économiques en Europe et dans les pays émergents, ainsi que le renforcement du yen, ont fait du marché d’actions américain un refuge, faute de mieux.

Selon nous, le marché américain devrait se maintenir dans une fourchette étroite au second semestre. Les à‑coups devraient être amortis et il est peu probable que de nouveaux plus hauts significatifs soient atteints. Les marges restent élevées et ne s’effondreront pas d’ici à la prochaine récession (qui n’est, à notre avis, pas pour tout de suite) et les valorisations seront soutenues par des taux d’intérêt bas.

Les rendements enregistrés par les différents secteurs ont pour l’instant été principalement portés par les dividendes, alors que les investisseurs se tournent de plus en plus vers les marchés actions en quête de revenus (cf. graphique 1). Tandis que les rendements devraient rester faibles, l’on peut s’attendre à ce que la Fed relève ses taux au moins une fois d’ici à la fin de l’année, ce qui aura pour effet de réduire l’attrait de ces substituts d’obligations. À moyen terme, on peut également s’inquiéter du fait que la demande des investisseurs a tellement poussé les valorisations à la hausse que les rendements globaux à venir seront forcément inférieurs à la moyenne.

Par exemple, les titres du secteur des entreprises de services publics représenté par l’indice « S&P Utilities » se négocient actuellement sur la base d’un multiple de résultats futurs de 18,3x, à comparer à une moyenne historique de 13,7x depuis 1985. Même si l’indice sectoriel enregistre des dividendes 1,2 % plus élevés que l’indice large, ce n’est pas suffisant, car la croissance des bénéfices du secteur des entreprises de services publics devrait se situer à l’avant-dernier rang des secteurs du S&P 500.

Graphique 1 : rendements sectoriels et rendements des dividendes

yhtNote : Secteurs GICS et REIT

Sources : FactSet, MSCI, BNP Paribas Investment Partners au 24 août 2016

Les secteurs qui devraient offrir le meilleur compromis entre des valorisations relativement intéressantes et/ou un potentiel de croissance des bénéfices sont le secteur financier (qui devrait bénéficier de la hausse des taux d’intérêt), ainsi que ceux de la consommation discrétionnaire et des technologies de l’information. Bien que certains segments du secteur de la santé puissent, selon le résultat des prochaines élections, être affectés par un renforcement de la réglementation, le poids total de ce secteur au sein de l’économie américaine devrait continuer à augmenter.

Les titres de croissance devraient se remettre de la sous-performance qu’ils affichent depuis le début de l’année, alors que les pressions sur les rendements s’atténuent et les secteurs de l’économie les plus sensibles à la conjoncture progressent. Ce contexte est également propice à une surperformance des petites et moyennes capitalisations par rapport aux grandes capitalisations. Les indices Russell 2000 et Russell Midcap surclassent tous deux légèrement le S&P 500 depuis début 2016. Cependant, les valorisations restent raisonnables, les perspectives de croissance des bénéfices sont soutenues par une forte demande intérieure et la légère appréciation du dollar sera défavorable aux grandes capitalisations.

Même si la Fed décide de relever ses taux, les programmes d’assouplissement quantitatif que d’autres banques centrales sont en train de mener et qu’elles pourraient être amenées à renforcer limiteront certainement les taux à plus long terme des bons du Trésor américains ; les 150 pb de rendement supplémentaire par rapport aux émissions de leurs propres pays devraient attirer les investisseurs étrangers (voir graphique 4). Le crédit continuera probablement de surperformer les obligations d’État, car la croissance américaine, à la fois faible et stable, devrait maintenir les spreads à l’intérieur de la même fourchette étroite qu’au cours de la dernière année (sauf en février 2016). Même si des secousses – et les hausses des spreads qui les accompagnent – se font sentir de temps à autre sur le marché, nous nous attendons à ce qu’elles soient absorbées rapidement, comme c’est le cas depuis plus d’un an. Les spreads des obligations à haut rendement sont généralement plus sensibles aux ralentissements économiques, même si l’exposition au secteur de l’énergie a été globalement minimisée. Les taux de défaut ne devraient progresser que faiblement et nous considérons que les investisseurs sont actuellement rémunérés pour le risque de crédit que ces titres présentent.

Graphique 2 : écart de taux entre les bons du Trésor américains et allemands et demande étrangère en bons du Trésor

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Sources : Trésor américain, Bloomberg, BNP Paribas Investment Partners au 24 août 2016 [divider] [/divider]

  Cet article a été rédigé par Daniel Morris, Senior Investment Strategist, le 24 août 2016 à Londres.

Daniel Morris

CFA, Senior Investment Strategist

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