Quelles perspectives d’investissement en Europe pour la fin de 2016 ?

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Malgré un premier semestre agité, les perspectives des marchés financiers ressemblent curieusement, à certains égards, à celles qui prévalaient au début de l’année. Par exemple, on constate à nouveau des valorisations supérieures à la moyenne historique sur les marchés d’actions, une croissance modeste des bénéfices, ainsi que de faibles indices de volatilité, suggérant un excès de confiance vis-à-vis des risques mondiaux.

Sur le semestre écoulé, les rendements des placements autres que les actions ont connu une évolution négative. Dans ces conditions, il est moins probable que les obligations continuent de surperformer les actions, comme cela a été le cas lors de trois des quatre derniers trimestres (cf. tableau).

Sur les marchés d’actions, les investisseurs devront se concentrer sur les segments où le potentiel de croissance des bénéfices justifie de payer des multiples de valorisation élevés, tandis que sur les marchés obligataires ils se verront contraints d’assumer des niveaux de risque de crédit et de duration plus élevés que ceux qu’ils sont habituellement prêts à accepter.

Graphique 1: indicateurs de marché

Actions     Obligations
  Déc. 2015 Août 2016     Déc. 2015 Août 2016
Valorisations 16,0x 16,3x   Bons du Trésor américain 2,3 % 1,6 %
Croissance des bénéfices 0,0 % -0,4 %   Bons du Trésor allemand 0,6 % -0,1 %
Volatilité 19,2 16,6   Oblig. d’entreprise investment grade 3,1 % 2,2 %
        Oblig. d’entreprise à haut rendement 8,1 % 6,0 %

A noter :

Sources : FactSet, Chicago Board Options Exchange, Deutsche Börse, Bloomberg, Barclays au 24 août 2016

Dans cette série de quatre articles, nous examinerons la situation de chacune des principales zones économiques du monde (Europe, États-Unis, Japon, marchés émergents) ainsi que nos stratégies d’investissement respectives. Commençons par l’Europe.

L’anticipation d’une surperformance des actions européennes par rapport à leurs homologues américaines se fonde sur des hypothèses de marges relativement faibles et de confirmation de la reprise tardive en zone euro. Au vu de ces deux facteurs, la croissance des bénéfices des entreprises européennes devrait être supérieure à celle des entreprises américaines, notamment grâce à l’augmentation plus rapide des marges en Europe, où la croissance du PIB s’accélère.

Ces arguments sont certes tout aussi valables aujourd’hui qu’il y a six mois, mais l’indice MSCI Eurozone a toutefois enregistré une performance inférieure de plus de 10 % à celle de l’indice MSCI US depuis le début de l’année (en monnaie locale). Cet écart est en grande partie lié au fait que la Réserve fédérale américaine (Fed) reste réticente à relever ses taux d’intérêt. La prochaine hausse de taux de la part de la Fed ayant été reportée une énième fois, aucun durcissement de la politique monétaire n’est venu perturber le marché des actions américaines (cf. graphique 2).

Graphique 2: rendements relatifs des actions et prévisions de taux d’intérêt aux États-Unis

DM outlook graph 1 equity returns

 

Note : pour les indices d’actions, les valeurs indiquées sont des rendements fondés sur les cours et exprimés en monnaie locale.

  • Actions de la zone euro vs. actions américaines (échelle de gauche)
  • Futur sur les taux des Fed Funds à échéance décembre 2016 (échelle de droite)

Sources : CBOE, BNP Paribas Investment Partners au 24 août 2016.

Nous continuons de penser que la Fed rehaussera probablement ses taux d’intérêt au moins une fois d’ici à la fin de l’année, ce qui marquera la fin tant attendue de la sous-performance des actions en zone euro.

En zone euro, compte tenu des taux négatifs de la plupart des obligations d’État et des taux inférieurs à 1 % des obligations d’entreprise, il sera difficile d’obtenir des rendements globaux positifs, à moins que la Banque Centrale Européenne (BCE) ne renforce considérablement son programme d’assouplissement quantitatif (QE) et ne parvienne à réduire davantage les taux. Selon nous, la BCE devrait prolonger son programme en cours au-delà de mars 2017, tout en continuant à respecter sa « clé de répartition du capital » : autrement dit, la BCE continuera de racheter des obligations d’État proportionnellement à la participation de chaque pays membre à son capital.

Les obligations européennes, qui sont représentées par l’indice Barclays Pan-European Aggregate, ont certes battu les marchés d’actions européens depuis le début de l’année, mais cette performance sera difficile à rééditer. Le rendement des dividendes de l’indice MSCI Europe est d’environ 3,7 % (tandis que l’inflation est proche de zéro) et les prévisions de bénéfices se sont améliorées, ce qui marque un changement par rapport aux révisions à la baisse opérées par les analystes au premier semestre.

Les rendements des bons du Trésor britanniques pourraient bien rester supérieurs à ceux des pays de la zone euro au second semestre 2016. Les fortes attentes sur une possible relance par la Banque d’Angleterre (BoE) de son programme d’assouplissement quantitatif tireront les rendements de ces obligations d’État vers le bas. Malgré la chute des taux obligataires observée au Royaume-Uni depuis juin, cette classe d’actifs laisse encore apparaître un spread beaucoup plus important que lors du dernier programme d’assouplissement quantitatif de la BoE (cf. graphique 3).D’aucuns craignent que le rebond des rendements des bons du Trésor britanniques ne s’inverse en raison de l’affaiblissement de la livre sterling et la hausse de l’inflation.

Les récentes révisions à la baisse des notes de crédit attribuées par les agences de notation témoignent du risque de détérioration de la qualité de la dette britannique en raison de la poursuite des plans de relance budgétaire et de nouvelles émissions de dette qui viendraient mettre à mal les efforts de réduction des ratios de dette/PIB engagés jusqu’à présent.

En comparaison avec les taux négatifs des obligations d’État de nombreux pays de la zone euro, nous considérons toutefois que les rendements positifs des bons du Trésor britanniques devraient compenser ces risques.

Graphique 3 : écart de taux entre les bons du Trésor britanniques et ceux de la zone euro

DM outlook graph 2 europe

 

Source : Barclays, BNP Paribas Investment Partners au 24 août 2016.

  • Ecart de taux entre les bons du Trésor britanniques et ceux de la zone euro [divider] [/divider]

 Cet article a été rédigé par Daniel Morris, Senior Investment Strategist, le 24 août 2016 à Londres.

Daniel Morris

CFA, Senior Investment Strategist

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